Introspection introspective

Lundi 4 décembre 2006
Oui, oui, j'avoue, je suis un gros lâche.
Au départ, quand j'ai créé ce blog, j'étais plein de bonnes intentions. Je me disais : "stop à la dissimulation, bas les masques, je vais parler de moi, pour de vrai, sans artifice". Et au final, qu'est-ce que je fais ? Et vas-y que j'oscille entre le ton comique et le ton formel, je fais comme dans la vie, je mets mon masque et je me planque derrière, "salut, c'est moi Bozo, j'ai mon nez rouge et je viens faire mon numéro".

Du coup, le titre du blog est moyennement en adéquation avec son contenu. Pour ceux qui l'avaient pas vu, le titre c'est "Un coeur poussiérieux". Au départ, je comptais l'appeler "Une poussière sur le coeur", mais je me suis repris en me disant que ça ferait trop pompé sur le "crayon dans le coeur" de Laurel.
Et oui, je sais que le titre est cheum. Je songe à faire une jolie bannière, mais pour ça il faut de la créativité et du talent, deux talents qui me font cruellement défaut. M'enfin ça viendra un jour je suppose.

Mais bref, voilà, je relis ce que j'ai posté et finalement, ce n'est pas moi. Enfin, c'est le moi que je montre dans la vie, mais pas vraiment celui que je suis, ou que j'ai l'impression d'être.
Ca craint.
Est-ce que j'ai tellement pris l'habitude de me cacher derrière une armure que je n'arrive plus à la retirer ?

Parce que concrètement, quand je parlais de Nirvana, j'aurais pu dire que réentendre Kurt chanter, ça m'a rendu mélancolique toute la journée, que j'ai ressorti mes vieux albums de Nirvana en songeant au collège et à tous ces copains (et copines) qui ont complètement disparu de ma vie.
Et je ne l'ai pas fait.

Quand j'ai parlé de Loose Change, j'ai oublié de mentionner que la vision des images des attentats provoque toujours chez moi un grand coup dans le coeur, que je me sens faillir, que je dois retenir mes larmes et que ça m'arrive chaque fois que je suis devant un drame humain.
Ouep, j'ai oublié ça.

Quand je parle du bus, je ne dis pas que si je m'intéresse autant à ce qui se passe autour de moi, c'est pour éviter de n'avoir rien à faire et de me mettre à penser, parce que quand je songe, je réfléchis sur ma vie et franchement, c'est assez pénible.
Mais ça, je le dis pas.

Et quand je parle de Leroy Merlin, je... Ouais, non, là, je crois que j'ai rien occulté.

Bref, tout ça pour dire que je vais essayer vaguement de rectifier le tir. Je doute que ce blog ressemble jamais à un journal intime (dans la catégorie desquels il est pourtant répertorié), mais je vais tenter d'y mettre plus de choses personnelles, promis.

Et puis si ça marche pas, il me restera toujours le psy (j'ai toujours rêvé d'avoir un psy, pour pouvoir en parler comme Woody Allen).

Par astheny
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 20 décembre 2006
Ce soir, j'ai envie de parler suicide.
Ah oui, avant tout, il me faut prévenir les éventuels étudiants de sociologie qui seraient arrivés par mégarde sur cette page : ceci n'est pas un recueil de tips pour l'étude du Suicide de Durkheim, Google t'a mal indiqué.
(car oui, il faut savoir que tous les étudiants de sociologie de première année commencent par étudier le Suicide de Durkheim, sujet gai et léger, sans doute pour leur faire prendre conscience de la convivialité de la discipline qu'ils ont choisi)

Bref, parlons suicide. Mais d'abord, une petite musique :



Alors voilà, j'en vois qui commencent à faire la grimace, comme quoi c'est morbide comme sujet, que je ne suis qu'un émo-goth qui aime bien me torturer en parlant de mort sur un ton déprimé. Bon, first, le goth c'est pas mon trip. Ensuite, je pense qu'il y a un véritable problème de communication au sujet du suicide. Sérieux, y'a trop une muselière sur le sujet : je connais pas d'oeuvres (livres, films...) qui abordent vraiment le problème (à part Virgin Suicides, dont j'ai pris la musique pour la coller au-dessus, mais c'est différent, Sofia Coppola est trop forte), quant à la télé, n'en parlons pas.
Et pourtant, le suicide est une véritable réalité statistique. C'est la seconde cause de mortalité chez les jeunes de moins de 24 ans et la première chez les 25-34 ans. Et mon avis vaut ce qu'il vaut, mais le silence taboutesque qui existe autour ne doit pas arranger les choses (ben ouais, si on veut se suicider et qu'on ose pas en parler de peur de se faire mater de travers, a priori, on passe plus facilement à l'acte).
Perso, j'emmerde les sujets tabous donc je me lance.

Ouais, j'ai été suicidaire, je peux témoigner.

Bon, quand je dis que j'ai été suicidaire, il faut savoir que j'ai un été un peu un suicidaire du dimanche vu que j'ai jamais fait de tentative (planifié une, tout au plus). Oui, je sais, je suis un tout naze, je mérite même pas de parler, je... Je... Filez moi une corde je vous prie...
Malgré tout, il existe plusieurs périodes de ma vie où j'ai reçu divers coups que j'ai moyennement encaissés et qui m'ont mis dans un état bizarre. L'impression d'être KO, de ne plus faire partie de la vie qui m'entourait, de la regarder défiler comme on regarde un film, sans me sentir impliqué...

On est souvent tenté de dire qu'une personne qui se dit suicidaire ne veut qu'attirer l'attention sur elle. Ben je vous le dis, c'est dangereux de penser ça. Quand on pense au suicide, on envisage pleinement et froidement la possibilité de mourir, tout simplement parce que la mort semble beaucoup plus douce que ce qu'on vit sur le moment, parce que quand on souffre, on a envie qu'il y ait une fin et le suicide est un moyen d'y parvenir.
Ca peut sembler super cliché ce que je dis là, mais c'est une réalité à ne pas perdre de vue parce qu'on a tendance à sous-estimer le désir de mort chez les autres.

Autre chose à savoir : quand on est suicidaire, on ne se tire pas une balle brutalement du jour au lendemain, comme ça. Un suicide, ça se planifie, il faut réfléchir au quand, au comment, peser les risques (ou les chances, selon les cas) de se rater, etc. Donc ça se cogite. Et pendant cette période, on lache des appels au secours, mais subtilement.
Le suicidaire a l'impression que ce qu'il dit est clair, quand il laisse échapper, moitié plaisantant, une remarque sur les possibilités de mettre fin à ses jours (comme la corde que j'ai évoquée au-dessus), ça lui semble un aveu évident du fait qu'il est sur le point de se suicider.
Par contre, pour les gens qui l'entourent, c'est beaucoup moins clair et ils peuvent complètement zapper sans que ce soit vraiment leur faute.
Le problème étant que le suicidaire, il a l'impression que personne ne s'intéresse à lui, et c'est pas ça qui va lui remonter le moral.

Est-ce que, malgré tout, il n'y a pas une part de volonté d'attirer l'attention ? Oui et non. Je dirais que plus qu'une volonté de se faire voir, c'est plutôt un "test" pour voir si quelqu'un va venir lui sauver la vie. Car si quelqu'un lui sauve la vie, ça va lui signifier que non, sa vie n'est pas quelque chose de négligeable et dont tout le monde se fout.

Est-ce qu'on peut guérir un suicidaire ? Je n'ai pas la réponse, mais j'en doute.
J'ai l'impression que l'envie, à une période de sa vie passée, de se donner la mort est une expérience qui reste gravée à jamais. Quand on a calculé froidement la possibilité de mourir, qu'on a analysé la chose, qu'on y a pensé souvent, ça reste. Ca ne veut pas dire qu'on pense 24/24 à se suicider, mais il va y avoir des périodes où ça va revenir, où l'on va à nouveau regarder du haut de la fenêtre du 5ème étage en se posant des questions, où l'on va marcher sur le bord du quai en se demandant si...

Personnellement, je sais que j'ai été marqué définitivement. C'est assez simple de s'en rendre compte : avant, j'avais une peur bleue de la mort et maintenant, plus du tout. La mort me semble être une façon tout à fait acceptable de mettre un terme à mes problèmes. Pour le moment, ma vie est plutôt simple (sans être particulièrement joyeuse) mais je sais que si cela se complique, je serai capable d'en finir brutalement.

Et je suis extrèmement sceptique quant aux différents organismes d'écoutes sur le suicide. Je n'ai jamais, mais alors jamais, envisagé de contacter l'une d'entre elles, je ne me vois pas du tout le faire, je me sentirais ridicule. C'est vraiment pas quelque chose qui me viendrait à l'esprit. Je suis assez curieux, d'ailleurs, des raisons qui poussent des gens à prendre contact avec ce genre d'organisations.

Bon, je ne sais pas à quoi sert ce message en fait, j'ai hésité plusieurs fois à l'effacer complètement d'ailleurs. Je suis emmerdé parce que je ne sais pas comment le conclure pour lui donner un sens. Allez, je pose comme ça, et si je regrette, je le virerai discrétos.

Par astheny
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 7 janvier 2007
Ce soir, j'ai ressorti mon dvd de Annie Hall, qui est le meilleur film de tous les temps (enfin celui de ce soir, il y a plusieurs films que je considère comme meilleur film de tous les temps, selon mon humeur).
Du coup, je suis en mode "Woody Allen mood", c'est à dire que je vais vous faire chier en me plaignant un peu de ma vie (avec des relents d'hypocondrie) et vous parler de mes insomnies.

Je ne suis pas insomniaque à propement parler. Disons plutôt que je suis peu somniaque : j'arrive toujours à m'endormir, mais c'est souvent long à venir et je connais régulièrement des nuits difficiles.

Le premier problème, quand on est couché dans le noir, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de distractions. Du coup, l'esprit se met à vagabonder et on pense soudainement à plein de choses qu'on a essayé de mettre de côté dans la journée. Le deuxième problème c'est que, la nuit, tout prend une proportion plus grave et plus angoissante.
Il m'apparaît donc évident que ma vie sentimentale restera le désert qu'elle a toujours été. Et d'ailleurs, c'est bien naturel, qui voudrait d'une sous-merde comme moi ? Il faut regarder les choses en face : je suis petit, moche, chiant, je n'ai pas pour deux sous de conversation et j'ai le sex-appeal d'un poisson mort.
Ma vie professionnelle ? Une vaste blague. Mes études ne me mèneront nulle part, je n'ai aucun plan de carrière, je ne sais pas où je vais. J'avance en aveugle, ce qui vaut peut-être mieux que de voir s'approcher le mur que je vais me manger dans pas longtemps. Et puis faut encore que je les réussisse ces études... Ce mémoire me semble tout à coup irréalisable : trop de boulot à faire, et j'ai pris beaucoup de retard. Ah, si seulement j'avais bossé un peu plus avant...
Quand bien même j'aurais un travail un jour, ce sera un sale truc alimentaire qui me gonflera chaque jour un peu plus. Mes collègues de boulot ressembleront à ceux de Xavier à la fin de l'Auberge Espagnole et je devrai supporter ça parce qu'on est pas dans un film, jamais je pourrai vivre en écrivant.
Quoiqu'il advienne, je serai obligé de déménager, je perdrai mes amis puisque je suis incapable de maintenir des relations lorsque la distance s'en mêle. J'adopterai peut-être un chaton, qui sera ma seule compagnie. Mais mon salaire de misère m'obligera à vivre en appart', un soir je laisserai sans doute la fenêtre ouverte et le chat s'enfuira. Je retournerai donc à la solitude jusqu'à ma mort.

Ca, je présume que ça arrive à peu près à tout le monde. Sans doute plus aux gens angoissés, mais bon... Ce qui me semble plus rare, c'est ce que j'ai appelé les "nuits difficiles".
Généralement, je les sens venir. Je suis couché dans mon lit et il ne se passe rien. Je me tourne et me retourne quarante fois, je change de position, je ferme les yeux, je les rouvre... Le sommeil ne vient pas. Je regarde le radio-réveil, il indique 01:22.
Je me retourne, je m'ennuie, je m'énerve, je me calme, j'essaie de compter les moutons. Une éternité passe.
Je regarde le radio-réveil, il indique 01:25.
Ce genre de nuit, je vois toutes les heures défiler.
01:54 "Allez, faut que je dorme avant deux heures trente."
02:20 "Tiens, c'est rigolo, c'est symétrique. Putain mais à quoi je pense ? Faut que je dorme !"
02:47 "En fait, à deux heures cinquante, ce sera une vraie symétrie."
03:09 "Putain ! Putain ! Putain !"
03:34 "Bon, je rallume et je lis un chapitre de mon livre, ça va ptet me faire dormir."
04:02 "Fait chier, la bouteille de Vittel est vide. Je me lève pour aller chercher à boire ou pas ?"
04:11 "Ca me saoule de me lever pour aller boire mais j'arriverai jamais à dormir en ayant soif."
04:19 "Bon allez, j'y vais."
04:57 "5 heures du mat', j'ai des frissons. je claque des dents et je monte le son... Putain de chanson, sors de ma tête..."

Parfois, c'est pire encore. La fatigue, ou je ne sais quoi, provoque des espèces de "délires". J'ai beaucoup de mal à caractériser ça, ce sont des genres de fièvres pendant lesquelles je suis dans un état de demi-sommeil duquel je sors et je rentre régulièrement.
Pendant ces périodes, je suis un peu dans les vapes et j'ai des visions entêtantes, obsédantes (non non, je ne me drogue pas), pas vraiment des rêves puisque je suis à moitié conscient.
Pour mieux comprendre, je vais décrire l'une des visions que j'ai de façon récurrente. Je suis au milieu d'une foule imposante, immense, énorme. J'ai l'impression de suffoquer dans la masse. Les gens autour de moi font un bruit terrible, j'essaie de crier mais ma voix ne parvient pas à se faire entendre dans le vacarme. Personne ne s'intéresse à moi. Je crie, je pleure, je me débats, en vain. D'un coup, la foule disparaît et je me retrouve seul dans un vide absolu. Le silence est assourdissant et horrible. Une fois de plus, j'essaie de crier mais je ne produis aucun son. Je veux que le silence se brise, mais rien ne se produit.
En gros, c'est là que je reprends pleinement conscience, puis je me réassoupis vaguement, ça recommence et je me réveille à nouveau. Ca peut se répéter une dizaine de fois par heure, le "rêve" restant le même dans une même nuit (celui que j'ai donné en exemple m'est arrivé plusieurs nuits, mais ça peut-être quelque chose de différent).
Du coup, j'essaie de me forcer à ne pas tomber dans ce semi-sommeil, mais ça ne fonctionne pas et ma nuit devient un petit enfer.

Mbon, voilà, pas grand chose à ajouter.
Si vous aviez des doutes sur le fait que je sois un peu taré, je pense que cette note lèvera tout soupçon à ce sujet.

Par astheny
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 14 janvier 2007
J'ai du mal à accepter que des gens meurent de froid et de faim en France, qui est censé être un pays riche. Je trouve que le partage des richesses est merdique, qu'il est difficile de croire que certains n'ont pas de logement alors que d'autres ont des appartement "tu peux faire du roller dedans" (pour citer Lofofora).
Mais alors pourquoi je ne passe pas mes soirées à faire du volontariat chez les Restos du Coeur ? Pourquoi est-ce que je n'ai pas manifesté mon soutien aux Enfants de Don Quichotte ? Pourquoi est-ce que je donne si rarement de l'argent aux mendiants dans la rue ?

Je pense que le capitalisme croissant et débridé va être source de catastrophes humaines et écologiques. Je vois l'Histoire actuelle comme une chute progressive où une poignée de la population ne pense qu'à s'enrichir aux dépents de la très grande majorité restante et de la planète.
Pour quelle étrange raison ne suis-je pas membre d'un quelconque organisme altermondialiste ou écologique ? Pourquoi ne suis-je pas inscrit chez Attac ?

Le racisme m'effraie et me laisse pantois. Comment des idées d'un autre siècle peuvent-elles avoir encore cours actuellement ? Je ne conçois pas qu'on soit assez con pour entretenir de telles pensées, ça me débecte.
N'ai-je pas oublié alors d'adhérer à un organisme anti-racisme ?

Les images de la malnutrition qui sévit en Afrique me sont insupportables. Et lorsque j'entends que les ressources produites actuellement permettraient de nourrir toute la planète, mais qu'elles ne servent qu'à pourrir les artères de certains Américains, je sers les poings.
Ne devrais-je pas être déjà parti de nombreuses fois dans des expéditions humanitaires ? Pourquoi n'ai-je jamais aidé à creuser un puit au Mali ? Pourquoi est-ce que je ne fais aucun don ?

L'éducation en France est mal foutue : elle reproduit les inégalités sociales qui existent à l'extérieur. Elle laisse des gens sur le bas côté qui n'ont plus aucune chance d'obtenir un emploi, qui n'ont plus de perspective d'avenir.
Qu'est-ce qui m'a empêché alors de devenir membre de l'AFEV ?

La condition des femmes est encore loin d'être égale à celle des hommes. Elles sont plus touchées par le chômage et les emplois précaires, elles touchent des salaires moins importants que ceux de leurs équivalents masculins, elles reçoivent des coups plus souvent qu'on ne le croit.
Et me voilà, sans aucun attachement à des organismes tels que Ni putes ni soumises ou tout autre mouvement targué de féministe. Pour quelle raison ?

Je suis vraiment un enfoiré d'égoïste de merde.

Par astheny
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Vendredi 9 mars 2007
Aujourd'hui, j'ai eu 26 ans.
Putain... Je sais même pas comment c'est possible. 26 ans sérieux...

Ce qui me choque, ce n'est pas l'âge en fait, c'est le nombre d'années. Avoir 26 ans, finalement, je m'en tape. Ce qui me pèse, c'est que si je fais le bilan de ces 26 années, c'est un gros constat de vide et d'échec.
On pourrait légitimement penser qu'en 26 ans, on a le temps de bâtir quelque chose, que l'on a accumulé de l'expérience, que l'on est lancé dans une vie active...
Et ben non, que dalle, j'ai rien construit, rien fait. Ma vie, c'est du vent.

Professionnellement, on peut dire que je vais droit dans le mur. J'ai abandonné deux fois mes études post-bac pour me lancer dans une troisième formation qui ne me mènera nulle part. Je poursuis mon cursus uniquement pour éviter d'avoir à me retrouver au chômage ou dans un job de merde.
Ca fait bien longtemps que j'ai abandonné tout espoir d'exercer un métier qui me plait. Donc je repousse tant que faire se peut le moment où j'aurai à chercher un emploi alimentaire, bien déprimant, qui ne me motive pas à continuer.
A 26 ans, je suis incapable de dire ce que je vais faire de ma vie, j'ai aucune idée de ce que je vais faire l'an prochain. C'est pathétique...

Sentimentalement, ma vie est une funeste blague. Je ne sais même pas quoi écrire tellement il n'y a rien à dire.
J'ai vécu l'histoire la plus conne du monde : "je l'aime, elle ne m'aime pas". V'là l'originalité...
Je ne sais même pas si j'ai réussi à passer outre, à tourner la page. Il y a quelques temps, je me disais que oui, mais je commence à douter dernièrement. D'un côté j'ai vraiment l'impression de ne plus l'aimer, mais d'un autre j'ai énormément de difficulté à seulement envisager d'être avec quelqu'un d'autre.
En tout cas, une chose est sûre : plus jamais je pourrai m'ouvrir comme je l'ai fait. S'approcher des autres, c'est se rendre vulnérable. Il n'y aura plus de brèche dans l'armure, c'est certain. Evidemment, ça ne va pas forcément arranger les choses...

Je perds peu à peu contact avec les gens du passé. Non, en fait, je perds brutalement contact avec eux. Je suis incapable de garder contact, c'est comme ça. Je ne suis pas de ceux qui discutent toujours avec l'ami du collège.
Les gens s'éloignent, les amis vont s'installer ailleurs, dans d'autres villes, c'est la vie. Et je les perds. Ils deviennent des souvenirs parce qu'on ne se parle plus, parce qu'on ne se voit plus.
A un moment de ma vie, je me suis retrouvé véritablement seul. Je sais que cela va se reproduire, à plus ou moins long terme. Je ne suis pas quelqu'un qui va vers les gens, et les gens ne viennent pas vers moi.
Je sais pertinemment que peu à peu, la solitude s'imposera.

26 ans. 26 années complètement vides, qui n'ont abouti à rien. Il faut dire que j'ai un peu baissé les bras.
Depuis un peu plus de deux ans, je me laisse dériver. Ouais, la dérive, l'image est bonne. Je me sens comme sur un radeau de fortune, porté par un courant, occupé à aligner des bâtons représentant des jours aussi consistants que des traces de craie.

Pour le moment, tout va bien.
La vie est simple. Vide mais simple. Il n'y a pas d'obstacle, je n'ai pas encore à
vraiment me confronter à la réalité.
Mais je me demande ce que je ferai quand ce sera le cas. Je ne suis pas certain d'avoir encore suffisamment de volonté pour surmonter les difficulés, pour me battre contre le courant avant qu'il ne jette mon radeau dans un précipice.

Evidemment, il me restera toujours la solution de facilité...

Par astheny
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Lundi 12 mars 2007
Ouais bon d'accord, ok, je vais faire un article rigolo.
Ben oui, le dernier a bien déprimé tout le monde et selon l'Evangile de Saint Luke Skywalker, il faut apporter l'équilibre dans la Force donc faut faire du comique là, de la bonne grosse poilade avec nez rouges et coussins péteurs.
Wéééé ! On va rigoler les zamis !

C'te coup de pression que ça met... Franchement c'est chaud de se lancer dans l'écriture d'un article en essayant d'être drôle. C'est trop casse-gueule en plus : on essaie de faire du Desproges et on pond (ouais, j'aurais pu utiliser un autre verbe issu du même orifice, mais je me méfie des mots clés à tendance scatophile) du Patrick Bosso (je me demande si je préfère pas les scatophiles au bossophile en fait (oui, le singulier est volontaire)).

Donc il faut que je trouve des choses trop lolantes à raconter. Pas de bol, j'ai rien glandé aujourd'hui (pour votre santé, pratiquez une activité physique et régulière), donc ça va être un peu mort niveau anecdotes de folie. Putaiiiinnngg, j'ai rien à dire de drôle et y'a même pas encore de petit ascenseur qui est apparu sur le côté de la note ! C'est la loooooose !
Bon réfléchissons calmement... Voyons, un truc drôle, hmmm...

Ca y est ! Bwouhahahaha ! Vous avez lu la dernière joke ? Bayrou serait crédité de 21 à 24% d'intention de vote d'après les derniers sondages ! Franchement, elle est trop bonne celle-là.
Ah, attendez, on me dit que ce n'est pas une blague... Heureusement que je n'ai qu'une confiance limitée dans les sondages, sinon je serais obligé d'expliquer pourquoi Bayrou
(pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour) c'est du vent, comment sa notoriété est entièrement basée sur de la démagogie primaire et de rappeler que si si, c'est bien un mec de droite.
Mais bon forcément, ce serait pas très fendard donc je laisse ça à plus tard.

Bon, attendez, bougez pas, je suis sûr que je peux trouver un truc drôle à dire quand même, bordel de merde. Tant pis, je fais appel au sauveur des comiques en détresse, au pourfendeur de morosité ambiante, au fleuron de l'humour français, j'ai nommé Carambar.
Hop, j'en chope un (
pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas), voilà, c'est tipar pour le bidonnage ! Bon, en fait, elle est nulle. Essayons un autre. Putain l'arnaque ! C'est la même ! Carambar c'est trop des enculés.
Bon je teste un troisième
(apprenez à votre enfant à ne pas grignoter entre les repas) mais après c'est terminé. Ah c'est un bon filon, y'en a deux. Alors voyons...

Comment sait-on qu'un astronaute a trompé sa femme ?
Il a un cheveu vert sur sa combinaison.

Mwouhahahaha ! Vous regrettez pas d'être restés hein ? Erm... *touss touss*
La deuxième me laisse assez perplexe. J'aimerais votre aide pour la comprendre, parce que j'avoue que je suis quelque peu dépassé là. A vous de juger :

Trois bonnes raisons de ne pas demander du pain dans un restaurant chinois
1) On t'a déjà donné deux baguettes
2) On ne peut pas saucer du riz cantonnais
3) De toute façon, même si tu en demandes, tu n'en auras pas

Autant la première, je pige, autant les deux autres... Je suis preneur de toute explication.
Et là, je me pose une question profonde : qui sont les auteurs des blagues Carambar ? Pendant un moment, c'était des blagues envoyés par les consommateurs (encore que Gérald, 4 ans, Lille, j'y ai jamais vraiment cru pour ma part), mais là il n'y a pas d'auteurs indiqués. Alors qui ? Qui ?! Qui est payé pour écrire ça ? Franchement ça m'angoisse : si ça se trouve, je le croise tous les jours dans le RER sans le savoir (je vais commencer à mater ce que les gens écrivent pour voir si, par hasard...).
Mais bon, on peut critiquer les blagues Carambar, c'est toujours mieux qu'un recueil de blagues de Carlos (
pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé).

Ouais enfin avec tout ça, c'est pas la teuf du rire...
Bon voilà, pendant la demi-seconde qu'il m'a fallu pour revenir à la ligne, j'ai eu une idée de génie : c'est vous qui allez rendre cet article marrant. J'en appelle à votre générosité et je lance officiellement le Blaguothon : lachez un truc drôle en commentaire pour permettre de rattraper cette note déplorable.
D'avance merci (
bouger, jouer est indispensable au développement de votre enfant (oui bon ça va, j'ai pas réussi à le caser ailleurs)).

Par astheny
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 30 avril 2007
C'est une démarche difficile à effectuer, on préfère souvent fermer les yeux et se dire que tout va bien, mais il faut parfois reconnaître que l'on a un problème.
Dernièrement, j'ai été forcé d'admettre que j'ai un problème avec les gens.

C'est un peu vague, je l'admets, mais j'ai du mal à trouver une dénomination qui colle parfaitement avec ce que je vis. C'est autre chose que de la timidité, ça va plus loin que ça. Je pensais avoir le mot qu'il faut avec agoraphobie, mais j'ai découvert que l'agoraphobie, c'est pas du tout la peur des gens, ou le fait de ne pas les aimer, mais plutôt avoir peur d'avoir peur (oui, ça m'a surpris aussi).
Du coup, je me retrouve sans mot pour qualifier mon problème, je suis bien emmerdé.
Je vais donc devoir vous expliquer un peu les symptomes pour que vous compreniez de quoi je parle.
C'est maintenant que je me rends compte que ç'aurait été con de trouver direct un mot qui désignait parfaitement ce dont je voulais parler parce que ça aurait un peu niqué l'article (qui ce serait résumé au simple titre).

De base, je n'aime pas les gens.
Quand je les croise comme ça, dans la rue, ça ne se manifeste pas trop mais dès que ça va plus loin que le simple fait de se croiser, je me mets à détester la personne.
Par exemple, dans les couloirs de la gare, je vais ressentir une violente hostilité à l'égard des gens s'ils ne marchent pas suffisamment vite, s'ils s'arrêtent dans le passage, s'ils trainent une valise à roulettes derrière eux, s'ils hésitent sur l'endroit où ils vont, s'ils portent un costume de flic ou de contrôleur (même si je suis en rêgle), s'ils me regardent, s'ils parlent suffisamment fort pour que j'entende ce qu'ils disent, s'ils ne disent pas merci quand on leur tient la porte, s'ils appuient trop leur merci quand on leur tient la porte...
Dès que je suis amené à côtoyer quelqu'un plus régulièrement, je vais immédiatement le caser dans une catégorie toute faite basée sur les défauts. Je suis d'ailleurs extrêment doué pour découvrir très tôt les défauts des gens et à me fixer dessus, de manière à ce qu'ils deviennent des tares inacceptables et repousantes. Il m'arrive d'ailleurs assez souvent de détester quelqu'un alors que les autres autour de moi le kiffent (genre un prof), et moi de leur dire : "putain, mais vous vous rendez pas compte que c'est qu'un sale hypocrite qui veut juste vous mettre dans sa poche ?" (ça me le fait en ce moment avec un certain Nicolas S. d'ailleurs).
Même quand je connais quelqu'un et que je lui parle régulièrement, j'ai parfois une envie irrépressible de provoquer une dispute, que ça clash un gros coup, pour une raison que j'ai encore du mal à expliquer.

Histoire d'illustrer le propos, j'ai vécu récemment trois mises en situation sociale. Il faut savoir que de base, je suis tenté de refuser toute invitation (et je le fais souvent), mais les gens insistent donc je finis parfois par venir quand même.

La première, c'est une invitation à un barbecue. Petit nombre de gens, et normalement je connais tout le monde, donc tout va bien. Sauf que finalement, il y avait une personne inconnue : le frère d'une fille qui était là, donc malaise.
Bon, direct je le vois et il est catégorisé en crétin sans cervelle qui s'ignore, version "je kiffe le surf et les sports extrêmes", avec mention "j'utilise un pot de gel et deux heures le amtin pour faire tenir mes cheveux".
Dans ces situations là, ça reste gérable. Il me suffit de ne lui adresser la parole que lorsqu'il me pose une question directe, et de désamorcer les conversations qu'il veut engager par des réponses évasives.

Deuxième situation : invitation à une pendaison de crémaillère.
Bon, là, je sais à l'avance qu'il va y avoir des gens que je ne connais pas, mais j'espère que le nombre de gens que je connais sera plus grand, afin que les autres se fondent dans la masse. Mauvaise surprise : on est 10 en tout dont 4 inconnus, ce qui fait beaucoup quand même.
Petite catégorisation rapide, par habitude : nous avons donc les deux venus en couple et qui ne se parlent que l'un à l'autre comme s'ils étaient seuls sur Terre, le muet au sourire idiot qui acquiesce à ce que disent les autres, même quand il se fait vanner par le monsieur "je me la raconte et je me donne de l'importance" qui a sans doute travaillé son humour de beauf dans les campings de plage, l'été, où il a été élu "meilleur metteur d'ambiance".
Là, la situation devient plus pathologique. Je me retrouve obligé de discuter seulement avec les gens que je connais et à décrocher des conversations qui impliquent les inconnus.

Troisième situation : invitation à un anniversaire d'un mec que je connais à peine.
Bon là, j'avoue que je l'ai cherché mais on a beaucoup insisté pour que je vienne. Le mec en question, c'est en gros l'ami d'un ami d'un ami à moi. Je l'ai vu genre 3 fois dans ma vie et là, on me demande de venir à sa teuf d'anniversaire qui se fait dans une forêt, la nuit, autour d'un feu.
Il y a beaucoup de monde, donc je suis obligé de les catégoriser en bloc en "gens  faussement branchouilles qui vont être murgés dans une heure". L'autre problème, quand il y a du monde, c'est que ce sont les gens que vous connaissez qui se fondent dans la masse. Rapidement, vous les voyez s'éloigner et aller parler à des inconnus.
Et là, c'est le drame : je me pose quelque part, je regarde le feu et j'attends que la soirée se passe.

Ouais, ouais, je sais, c'est un peu pathétique tout ça.
(mais bon, c'est pas le pire : un jour je vous raconterai comment je suis un peu schizo, que je me parle à moi-même et que j'entends des voix)

Par astheny
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Dimanche 13 mai 2007

NRV

Putain je suis vénère.
Je suis vénère et je sais pas pourquoi.

Ca m'arrive de temps en temps, comme ça. Je sais pas trop d'où ça vient mais je reconnais les signes.
Déjà, je change d'activité toutes les deux minutes parce que tout me gave très vite.
Je zappe les musiques qui passent dans Winamp sans m'arrêter sur une seule. Puis finalement, vu que ça m'énerve, je coupe tout mais je le relance cinq minutes après parce que le silence me saoule aussi.

J'ai envie d'insulter tout le monde, les gens autour de moi m'insupportent. Je ne me supporte même plus moi-même, j'ai... euh... envie de me faire mal.
Tout ça, plus les classiques envies de cogner dans tout ce que je vois, de casser des trucs, d'en balancer d'autres, de ravager tout ce qu'il y a autour de moi...

Et je sais même pas pourquoi je suis vénère.
Bon, évidemment, y'a des trucs qui aident pas. Comme cette connasse de prof qui fait style elle est disponible, à l'écoute des étudiants mais qui est pas foutue de répondre à un pov' mail qui lui demanderai une demi-minute d'attention.
Cette saleté d'Over-blog m'a bien pris la tête aussi. Pourquoi cette connerie de merde déditeur de texte s'amuse à me créer un nouveau paragraphe quand je fais un simple retour à la ligne, hein ? Du coup, je suis obligé de faire "shift+entrée" quand je veux juste revenir à la ligne. C'est pas trop con ça sérieux ?
(j'ai jamais supporté les mises en forme automatiques dans les traitements de texte, qui est le gros lourd qui a inventé ça, hein ?)

Mais c'est bidon tout ça, du petit énervement bas de gamme de 5 minutes, rien à voir avec l'état dans lequel je suis maintenant.
Je pense que j'en ai vraiment ras-le-bol là. Un ras-le-bol général, de tout ce qui m'entoure, de tout ce que je suis, de tout ce que je fais.
Les jours se suivent et bordel qu'est-ce qu'ils se ressemblent. Je fous rien. Je passe littéralement mes journées à tuer le temps, à essayer de trouver des trucs qui fassent que les heures soient moins longues.
Putain ce que je me déteste. Je déteste ce que je suis, je déteste ce que je fais, je déteste ce qui se passe autour de moi, je déteste ce vers quoi je me dirige...
Il est vraiment temps que quelque chose se passe dans ma vie (genre un accident mortel, ce serait bien).

Il y a des gens qui ont des trucs pour faire passer leur énervement. Ils se défoulent, d'une façon ou d'une autre.
Moi, pas vraiment. Enfin si, je présume qu'écrire sera toujours un exutoire, que transmettre des émotions dans des mots, ça permet de se les sortir du corps. D'une certaine manière ça marche, mais seulement le temps d'écrire, ensuite ça revient...

De plus en plus, je me pose une question : pourquoi je suis ici ? A quoi je sers exactement ?
La réponse est évidente : je ne sers à rien ni à personne.
Et au train où vont les choses, c'est pas près de changer.

Par astheny
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus