Bus' stories

Dimanche 3 décembre 2006
Ce post est le premier d'une longue série que j'intitulerai, faute de créativité imaginative, Bus' Stories.

Car oui, je prends le bus tous les jours et même si personne ne vous le dit, il s'en passe des choses dans le bus. Alors évidemment, quand des jeunes gens en crament un de temps en temps, là, on en entend parler. Mais est-ce que la télévision rapporte le vrai quotidien du bus ? Ja-mais. C'est honteux, il faut remédier à ce vide médiatique et je me sens la fibre pour réparer cette injustice.

Alors, pourquoi le bus est-il intéressant ? (oui, je sais, l'intro est longue, mais j'essaie tant bien que mal de justifier les prochains posts qui vont venir sur ce thème minable)
C'est avant tout le choc des cultures. Le bus réunit plein de gens différents, qui ne se connaissent pas et qui sont obligés de cohabiter pour quelques dizaines de minutes.
Mais c'est aussi des bandes de jeunes qui s'affichent, des incidents de conduite, des gens bizarres, des divergences d'opinion, des conflits avec le chauffeur...

C'est justement ce dernier cas que je vais raconter aujourd'hui.
J'étais donc dans le bus, à quelques arrêts de chez moi et rien d'extraordinaire ne s'était encore passé. Je commençais à désespérer et à me dire que cette journée serait marquée par le sceau infâme de la monotonie (vous me dites si j'en fait trop, ok ?).
Quand soudain, le bus s'approcha d'un arrêt auprès duquel une femme siégeait, mais elle n'avait pas l'air de vouloir monter, donc le bus ralentit un peu pour la forme mais ne s'arréta pas. La femme se leva alors d'un bond, la colère était visible sur son regard et ses yeux lançaient des éclairs. Enfin... Sa colère fut surtout visible dans le grand coup de latte qu'elle balança sur le bus. Apparemment, elle voulait monter quand même.
Bon, le chauffeur s'arrêta, mais on sentait bien qu'il était pas content, d'autant que la femme entra en vociférant des insultes à son encontre. Elle allait pour s'assoir, quand le chauffeur, vicieux, lui lança "Et le ticket alors ?".
Hop, la femme revint vers le chauffeur, ouvrit son porte-monnaie et lui lança rageusement quelques pièces pour acheter le droit de voyager. Le chauffeur, toujours pas content, se sentit obligé de dire : "Hey, vous êtes pas obligée de me lancer votre argent comme ça !". Forcément, la madame, ça n'atténua pas sa rage montante et elle répliqua un cinglant "Vous avez votre argent ! Maintenant donnez moi mon billet !".
Comme vous pouvez l'imaginer, la situation avait ici atteint un point de non-retour. Tous les passagers attendaient la suite des évènements. Si le chauffeur donnait le ticket, la femme gagnait, mais pouvait-il l'expulser du bus pour autant ?
C'est là que le chauffeur fit ce que personne ne s'attendait à le voir faire. Il prit l'argent, ouvrit la porte de son bus, et le balança dehors : "Ben regardez ce que j'en fais de votre argent !". Et oui, tel Gainsbourg brûlant jadis un billet de 500 francs à la télé, ce chauffeur de bus jeta 1 euros 40 dans la rue, comme ça, sans scrupule. C'est un ouf ce mec !
Bon, du coup, la femme est allée s'assoir en disant qu'elle avait payé et que c'était pas son problème si le chauffeur avait pas voulu de son argent, on est reparti et je suis descendu à mon arrêt, laissant le bus s'éloigner vers de nouvelles aventures.

Et ouais, quand je vous disais qu'il se passait des trucs de folie.
D'autres histoires à venir, alors ne manquez pas l'épisode 2 de Bus' stories (à sortir je sais pas quand).

Par astheny
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Dimanche 17 décembre 2006
Vous l'avez réclamé à corps et à cris, le voilà le voici, le nouvel épisode de Bus' stories (oui ça aurait pu rimer au singulier, pas de bol).
Pourquoi vous me regardez comme ça ? Si, si, je vous assure que des lecteurs ont réclamé la suite... C'était... euh... Par mail, voilà ! C'est pour ça que vous avez pas vu. Je reçois des masses de courrier de fans, faut pas croire.
Bref, commençons :

C'était une période de guerre civile en France. Les insurgés combattaient farouchement le gouvernement en place et ne cédaient pas un pouce de terrain conquis, que ce soit dans les rues ou dans les bâtiments publics. Les combattants de la justice se changeaient en barrières, les tables et les chaises en objets volants non identifiés, les trahisons et abandons étaient légion chez les puissants, c'était l'anarchie
, c'était en 2006.
Nom de code : CPE.

J'étais dans le bus donc (oui, ça risque d'être une constante de ce genre d'histoire), les yeux dans le vague, en train de rêver,
baigné de soleil et bercé par le doux chant des oiseaux gazouillant. Quand soudain...
Soudain, ils sont arrivés. Une bande de jeunes, du genre remuante et bruyante. Evidemment, ils se sont empressés de rejoindre la place qui leur est réservée, c'est à dire le fond du bus (ben oui, les poussettes ont leur place réservée dans l'espace vide en face de la porte de sortie, les vieilles sur les sièges de devant, et les jeunes au fond).
Ils ont commencé par s'autocongratuler de ne pas être allés en cours et d'avoir préféré faire grève. "Ah, les braves petits", me suis-je dit. Ils sont jeunes, mais ils se révoltent déjà contre le système qui essaie de les exploiter et de les écraser. Ils ne se laisseront pas faire, eux. Ils iront combattre les politiques sur leur propre terrain, les feront reculer de leurs arguments qui feront mouche tels des brulôts incandescents.
Ils se sont ensuite mis à parler plus vivement, et à lancer des "Villepin enculé !", "Sarkozy batard !", "A bas le CPE !", "Ouais le CPE c'est de la merde !",  "On encule le CPE !"...
Et là, un de demander : "Hey au fait, c'est quoi le CPE ?". Je dois bien avouer que le gros silence hésitant qui a suivi a quelque peu brisé mes espoirs en ces jeunes rebelles.

Voilà, c'était ça la chute.
Hmmm...
Bon, en bonus track, voilà un lien de la RATP assez étonnant : http://www.objectif-respect.org/
Bon, le propos est assez soporifique (frauder c'est pas bien, ouvrir les sièges à coups de cutter c'est pas très sympa et faut pas tatanner la gueule des vieilles qui veulent s'assoir) mais le site est assez bien foutu. Ca m'a amusé quelques minutes, donc je vous l'offre (je suis comme ça moi).

Par astheny
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Lundi 30 juillet 2007
Seuls les plus anciens d'entre vous s'en souviennent (ou ceux qui ont été curieux et ont fouillé les catégories mais bon...) : au début de ce blog, je tenais une rubrique qui s'appelait "Bus' stories". Le principe, c'était de raconter les folles aventures qui m'étaient arrivé dans le bus.
Mais l'intérêt des lecteurs n'était apparemment pas au rendez-vous. J'avais d'ailleurs commencé le deuxième et dernier épisode par ce mensonge honteux : "
Pourquoi vous me regardez comme ça ? Si, si, je vous assure que des lecteurs ont réclamé la suite... C'était... euh... Par mail, voilà ! C'est pour ça que vous avez pas vu. Je reçois des masses de courrier de fans, faut pas croire.".

Et bien figurez-vous que le mensonge est devenu réalité, et que 7 mois plus tard, une fan m'a écrit un mail pour le retour de Bus' stories. Et bon, comme je ferai n'importe quoi pour fidéliser mes lecteurs...
Je vais donc vous narrer aujourd'hui l'incroyable et effrayante histoire du... siège et demi.

Avant de commencer, il faut savoir que dans un bus, il y a plusieurs types de sièges. Il y a le mono-siège pour une personne, le double-siège pour deux personnes et les sièges-banquettes pour trois personnes ou plus.
Un matin, qui ressemblait à tous les autres matins jusque là, je prends le bus. J'entre, normal, et là quelque chose de bizarre me frappe. Le bus n'est pas agencé de la même manière que d'habitude. Bon, peu importe, soit c'est un nouveau bus, soit c'en est un d'une autre ligne qu'ils ont refourgué sur la mienne. 
Il y a un siège de libre et je m'assois.

Je me rends vite compte que la taille du siège est étrange. Je ne le "remplis" pas complètement, mais il n'a pas l'air d'être vraiment assez large pour deux personnes. Il faut aussi savoir qu'il y avait une barre de métal genre "faux accoudoir" du côté couloir, c'est important pour la suite. Bon cette constatation faite, je me colle contre la vitre et je comate un peu.

Sur ces entrefaits, une dame arrive. Elle voit ce qui semble être une place à côté de moi et veut s'y installer. Bon, je dois dire que je suis pas très épais, donc il restait pas mal de place sur le siège effectivement. Mais je dois aussi dire que la femme était assez ronde. Elle essaie donc de s'assoir à côté de moi et galère grave, elle me colle, elle essaie de s'insérer entre moi et le faux accoudoir mais pas moyen, ça rentre pas. Elle regarde, un peu dépitée, ne comprends pas et se casse plus loin dans le bus (et non, je n'ai rien dit, je ne suis pas très sociable le matin dans le bus).
Un peu plus tard, une jeune nana monte, voit la "place" et essaie de s'y installer aussi. Bon, celle-ci avait une taille de guêpe, donc elle a réussi à se caler, mais je vous explique même pas comment on était trop serrés l'un contre l'autre (et on a fini le trajet comme ça).

Après ça, je n'ai plus jamais revu de bus agencé de cette manière et donc je n'ai jamais revu ce fameux siège et demi.
D'où venait-il ? Qu'est-il devenu ?
Etait-ce une erreur qui a été retirée des lignes ? Etait-ce pour Surprises sur prise ou Vidéo-Gag ? Etait-ce une sombre machination de la RATP visant à rapprocher les gens dans les transports en commun ? Ou étais-je tout simplement entré, le temps de ce trajet en bus, dans la... quatrième dimension ?
Nous ne le saurons jamais.
Par astheny
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Samedi 10 novembre 2007
Bon, pour fêter le retour de Pandora dans mon blogroll, je ressors une petite histoire de bus (car oui, rappelons quand même que Pandora est la seule personne au monde à aimer cette catégorie Bus' stories).

Je ne me souviens plus exactement de l'année où ça s'est passé mais ça devait être en juin. Le soleil tapait fort, les températures montaient haut et prendre le bus avec ce temps, c'est pas super agréable (c'est tout vitré un bus, donc vous avez toutes les chances d'avoir un joli effet cuisson instantannée selon les virages que prend le bus et la position du soleil).
Bref, le décor est planté.

J'étais dans le bus donc (nooooon ? si si, j'vous jure) et tout était normal, jusqu'au moment où... Le bus s'arrête. Hmm, bizarre, on n'est pas à un feu et y'a pas d'arrêt théoriquement ici.
Apparemment, le chauffeur est en train de discuter. Une panne peut-être ? Vas-y, j'ai pas envie d'attendre le prochain bus où on sera tout serré, déjà qu'il fait 50°...
Je tends l'oreille histoire de capter ce qui se passe et là : stupéfaction.

Le chauffeur était en train de tenir un discours du genre : "Ca sent mauvais ! Il y a quelqu'un qui pue dans le bus et je supporte pas. J'arrête de conduire tant qu'il est pas sorti. J'ai le nez sensible moi."
...
Oh wahow !

Dans ce genre de situation (quand un bus est immobilisé pour une raison x ou y), les passagers se divisent en deux catégories. Ceux qui se jugent pas trop loin de leur point d'arrivée et qui se cassent et ceux qui restent et qui doivent attendre. Pas de bol, j'étais dans la deuxième catégorie. Enfin, pas de bol, ce qui a suivi valait quand même le coup de rester...

Naturellement, ça a commencé à grogner un peu parmi les passagers. C'est vrai que c'était carrément une raison bidon franchement. Et là, au milieu de la foule en colère, un leader s'est dressé.
C'était une femme en milieu de quarantaine je dirais. La voix qui porte, le verbe qui tranche, elle s'est faite porte-parole des autres passagers et défenseuse de l'opprimé. Sans bouger de sa place, elle criait donc sur le chauffeur du bus qu'il faisait super chaud, que c'était la fin de la journée, que les gens avaient travaillé, que c'était bien normal et naturel qu'ils aient sué et qu'il y ait des odeurs. Que c'était de la discrimination, que c'était une atteinte à toutes les règles d'usage, que c'était inadmissible, que mais pour qui il se prenait quand même, etc.
Forcément, elle était soutenue par tout le reste des passagers, prêts à suivre cette révoltée jusqu'aux confins des Enfers de la RATP.

De base, le chauffeur avait trop le pouvoir vu que c'est lui qui conduisait. Mais sermonné par la femme comme un gamin, dépassé par le nombre, il a fini par bredouiller un truc incompréhensible et à se remettre en marche.
Révolte populaire dans le bus quoi, truc de ouf.

Bonus Track :

Ca n'a rien à voir mais j'ai constaté un truc nouveau dernièrement dans le bus : l'apparition de messages enregistrés pour donner les consignes de voyage.
Avant, quand le bus était blindé par exemple, ben le chauffeur se retournait et gueulait quelque chose comme : "bordel mais y'a d'la place derrière ! allez jusqu'au fond histoire que les autres puissent entrer bande de moules !". Maintenant, il y a un petit message automatique avec une jolie voix de femme du genre : "Tududududu, pour permettre l'accès de tout le monde dans le bus, merci d'avancer jusqu'au fond du véhicule". Et y'a la même chose avec un message qui dit que c'est pas cool d'entrer par la porte de derrière. Apparemment, le chauffeur a juste à appuyer sur un bouton pour jouer le message approprié.

Et là, je me demande quel est le répertoire de messages qu'il a à disposition. J'en ai entendu que deux mais je verrai bien des messages enregistrés avec une dame à jolie voix qui dit : "Tududududu, nous vous rappelons qu'il est interdit d'agresser le chauffeur de ce véhicule" ou "Tududududu, pour le confort de tous les usagers, nous vous prions de ne pas incendier ce bus, merci".
Ca serait stylé.
Par astheny
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