Reportages sur ma life

Vendredi 1 décembre 2006
Récemment, je suis allé chez Leroy Merlin et j'y ai découvert des choses horribles. Il faut que je témoigne de cette terrible réalité afin que les gens prennent conscience des dangers de ce genre d'endroit.

Il faut d'abord que je dise que cela faisait très longtemps que je n'avais pas mis les pieds dans un magasin de ce type. Les dernières fois, ça doit remonter à quand j'étais encore tout gamin que mon père m'y trainait suite à un pseudo traquenard, genre : "ah tiens, il faut que je passe à Leroy Merlin acheter des bricoles, on ira en revenant des courses de Noël".
Bref. Dans mes souvenirs, c'était un lieu blanc et froid, aux étagères hyper hautes, qui sentait la peinture ou le bois, et qui était hanté par des vieux types qui se baladaient avec leur mètre à ruban pour trouver LA planche qui leur manquait.

Aussi, je fus quelque peu choqué quand j'entrai dans la place.
Première impression : "waaaa, c'est grand. Attendez non, c'est encore plus grand que ce que ça avait l'air. Hein ? Ca continue aussi par là ? Houlà, mais... On peut y aller ici aussi ? Hmm, où est la sortie déjà ?"
Et ouais, Leroy Merlin, c'est devenu immense. C'est un truc de ouf, y'a 50 000 rayons (au moins) et ils sont tous super spécialisés. Si vous cherchez une serrure de porte de salle de bain, vous la trouverez. Et attention, faut pas la confondre avec une serrure de porte d'entrée ou une serrure de porte de salon, c'est pas les mêmes, et si vous vous plantez, les gens autour de vous vont se foutre de votre gueule.

Et parlons-en des gens. Fini la dictature des petits vieux avec leur casquette bleue et leur salopette. Leroy Merlin est devenu un magasin familial. On y rencontre des familles, heureuses et épanouies, qui se promènent de rayon en rayon comme si elles léchaient les vitrines d'une avenue parisienne.
Il y a tous les âges, tous les sexes (enfin, les deux quoi), des couples, des célibataires, des familles nombreuses... Et le pire, c'est que tous ces gens ont l'air de savoir exactement ce qu'ils font, où ils vont et ce qu'ils cherchent : "Chérie, tu me dis si tu trouves un spot halogène en saillie 12 volts et 20 watt. Oui, celui-ci je l'avais vu, mais il est pas en acier brossé."
Au secours, fuyons, ces gens sont devenus fous.

"Snif snif... Hmm, ça sent bon ici. Hey mais où est passée la vieille odeur de peinture dégueue ?" Incroyable. Je ne sais pas s'ils diffusent du parfum ou quoi dans les Leroy Merlin, mais il y flotte une odeur agréable, un peu genre musquée, assez chaude, ça donne envie de rester.
Et la déco... Dans mes errances, je suis arrivé dans le rayon pour le jardin et je me suis cru dans un magasin de jouets à Noël. Tout décoré de partout, lumineux, coloré, c'était trop beau, je suis resté hypnotisé par le spectacle. Et je ne parle même pas du rayon salle de bain avec les baignoires à remous remplis d'eau (et de remous).

Bon là, on va me dire : "mais quel est le problème ?". Ah ! Moi non plus je n'avais pas vu la menace aux premiers abords, mais elle était bien réelle.
J'étais là, innocent, en train de regarder un rayon avec des fixations de néons et je me suis surpris à penser : "tiens, c'est con que sur le bord des étagères, là où il y a les prix, ils ne mettent pas un mètre gradué pour que les gens mesurent directement ce qu'ils achètent". Et là, je me suis arrêté deux secondes. C'est moi qui ai pensé ça ? Mais qu'est-ce qui m'arrive ?! Je suis en train de me transformer en pépé bricolo avec des idées pour que les Leroy Merlin soient plus pratiques !

Et c'est là que j'ai découvert le pot aux roses.
Le magasin immense et labyrinthique, l'odeur enivrante, l'environnement agréable... Tout est fait pour que les gens viennent nombreux, et n'en ressortent pas. Et à force de rester dans le Leroy Merlin, celui-ci s'immisce dans vos pensées, ils forgent votre esprit, pour le formater en version "pépé bricolo". Tous ces gens autour de moi qui avaient l'air de spécialistes alors que rien dans leur apparence n'aurait pu faire penser qu'ils bricolaient... Oui, tout faisait sens.

J'avertis donc le monde. Une conspiration est à l'oeuvre, la "conspiration des pépés bricolos". Ca se passe dans tous les Leroy Merlin et peut-être même ailleurs (méfiez vous des Castorama, on ne sait jamais). Le but est de transformer toute la population en pépé la bricole afin de rendre Leroy Merlin plus puissant encore.
D'ailleurs "Leroy Merlin", rien que le nom est suspect maintenant que j'y pense. Il fait remonter à la surface d'anciens contes, d'anciennes prophéties oubliées...

J'ose espérer qu'il n'est pas encore trop tard.

Par astheny
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Dimanche 10 décembre 2006
Tout d'abord, comme je suis devenu un inconditionnel de radio.blog depuis la dernière note, je commence par installer une petite ambiance musicale :



Voilà, on peut commencer maintenant.
Cet après-midi, j'ai fait quelque chose que je déteste : j'ai emballé des cadeaux de Noël. Chaque année c'est la même galère, il doit y avoir des trucs qu'on m'a pas dit, d'anciennes techniques ancestrales que les élus se transmettent secrètement de génération en génération pour faire de beaux paquets cadeaux, parce que franchement, moi, j'y arrive pas.

Description des faits :

On n'y pense pas souvent, mais la première étape du paquet cadeau, c'est l'amputation chirurgicale des étiquettes de prix qui sont collées auxdits cadeaux. Là, il y a deux méthodes.
La première, c'est la méthode lâche. Elle consiste à se saisir d'un gros marqueur noir et à repasser les prix avec. On fait ça avec un sourire satisfait sur le visage, genre "gnerk gnerk, je suis trop malin, pas de problème de décollage d'étiquette avec ça". Sauf que... Quelques secondes plus tard, on se rend compte qu'on voit encore le prix. C'est complètement mystique, le prix est écrit en noir, il y a du marqueur noir par dessus, mais c'est pas le même noir, ou alors c'est du noir mat et du noir brillant, mais impossible de couper à la terrible conclusion : le prix est encore là. Du coup, c'est encore pire, parce que si la personne avait pas fait gaffe qu'il y avait encore l'étiquette sur le cadeau, ben là, y'a un gros point noir pour lui indiquer "tiens, c'est quoi ce truc qui pue le marqueur ? Ah ben c'est le prix... Dis donc, 5 euros 27, ça va, ça t'a pas coûté trop cher mon salaud".
Du coup, on passe à la seconde méthode, celle pour ceux qui ont des couilles, la méthode dite du décollage (et dieu sait que le décollage est délicat, demandez à Houston). Là, les grosses gouttes de sueur commencent à perler sur le front, car on sait ce qui va se passer en cas d'échec : un gros truc blanc à moitié déchiré mais fixé à vie sur le cadeau en question. C'est encore plus flippant dans le cas de livres où l'étiquette, si elle est bien coriace, peut facilement embarquer une partie de la couverture, comme ça, juste pour faire chier. Il y en a qui utilisent des techniques de fou, avec du coton et de l'alcool. Quand on les voit faire, on les croit prêts à chloroformer quelqu'un (comme dans Tintin) tellement ils regardent vicieusement l'étiquette accrochée comme une huître à son rocher. Moi je suis de l'ancienne école, j'essaie de choper un coin et je tire délicatement, tout doucement... Il faut que l'étiquette se sente aimée, qu'elle ne se vexe pas, car au moindre faut mouvement, elle se fige, elle ne veut plus s'en aller et c'est la catastrophe.
Après toute cette tension, on déchire rageusement les ennemis vaincus, on décolle les morceaux de ses doigts, et paf, direction la poubelle. Mais le pire est encore à venir.

Car oui, on arrive à l'étape de l'empaquetage proprement dite.
Pour se faire, on se munie de papier cadeau, naturellement. Le papier cadeau, c'est un peu comme du papier normal, sauf que ça se plie mal et que ça se chiffonne super facilement. Oui, c'est pas du tout logique quand on sait pour quel usage c'est faire, sans doute des forces obscures étaient-elles à l'oeuvre lors de sa création.
Bref, on prend ses ciseaux et... "Oh putain, je découpe pas droit. Hey mais comment c'est possible que ça fasse toutes ces encoches moches ? J'ai pas des ciseaux dentés pourtant... Aaah, galèèère, j'ai coupé trop petit, bon, ça me servira pour un cd ça. Putain mais arrête de te réenrouler bordel de papier, je coupe là !"
Vient ensuite le moment merveilleux du pliage. Normalement, vous êtes heureux quand il s'agit d'un bon vieux livre et vous pleurez quand vous devez emballer la boîte de chocolat forme hexagonale à la con ou la peluche du petit qui nécessite d'être un ancien maître japonais expert en origami. Mais quel que soit le cadeau, on commence toujours par s'appliquer sur le premier pli. On se débrouille pour que ce soit bien droit, que le cadeau ne flotte pas dans le paquet, qu'il soit bien serré comme le jean de Thierry Lhermitte dans les Bronzés (oui mes références culturelles tuent tout) et là, souvent : "Et meeeeeerde, j'ai oublié le scotch". Ce fameux scotch qu'on n'utilise jamais et qui se trouve au fond d'un tiroir bien inaccessible, mais auquel on va quand même essayer d'accéder avec une main (l'autre restant sur le paquet pour pas que notre super pli, dont on est si fier, s'en aille). Le résultat est généralement assez catastrophique, on est obligé de couper le morceau de scotch avec les dents pendant que le papier cadeau se barre gentiment en se marrant bien.
Bon. Le premier pli est fait et pas trop mal fait malgré tout, donc on a grave confiance pour la suite. Mais le plus dur reste à venir : "Alors voyons, si je plie ce bord là sous forme de trapèze, et que je le rabats là-dessus, ça va le faire. Chier, il y a du blanc qui dépasse. Bah, c'est bon, je refais un pli vers l'intérieur, ni vu ni connu. Et merde, ça gondole. Pourquoi ça gondole d'abord ? J'avais bien serré à fond pourtant. Bon, je mets un morceau de scotch ici pour tenir. Voilààà, nickel, l'autre côté maintenant. Mais... Bordel ! J'ai que 2 millimètres de papier qui dépasse de l'autre côté !"
Donc là, on redéfait et comme on a utilisé plein de scotch, c'est pas triste. Et on recommence en pensant à centrer cette fois-ci. Surprise ! Même si les plis ne tiennent pas, ils se voient vachement sur le papier. En regardant attentivement, un archéologue du papier cadeau pourrait retracer toutes nos tentatives infructueuses. Du coup, on est un peu énervé, on fait ça vite fait et les plis deviennent plus du chiffonnage de papier qu'on essaie de camoufler au mieux.
Ouep, le camouflage, je pense que c'est le maître mot de cette étape. Il faut toujours penser à plier vers l'intérieur les trucs pas très harmonieux, et à passer le fer à repasser sur le paquet fini.

Fini ? Oh que non ! Car notre paquet cadeau se sent nu sans une petite frisouille !
Je ne connais pas du tout le terme technique, donc j'appelle ça les frisouilles (à ne pas confondre avec Lionel Jospin). Je parle de ces rubans brillants multicolores qui sont censés faire de belles boucles quand on les passe vivement sur la lame des ciseaux. Je dis "censés" parce que dans la réalité, le premier passage nous met en face d'un truc tout pendouillant et pas super excitant. Le deuxième passage, il est raté généralement et on est obligé de l'arrêter au milieu, ce qui donne un côté tout bouclé et l'autre tout plat. Du coup, on essaie un troisième coup, sur le côté plat mais ce côté là, il veut trop pas boucler pour des raisons, une fois de plus, mystiques.
Franchement, je sais pas qui a eu l'idée de mettre ces trucs sur les paquets cadeaux mais sérieux, si je le chope, je le passe à la lame du ciseau pour voir s'il frise aussi.
Théoriquement, on est censé harmoniser les couleurs avec celles du papier, mais dans votre boîte que vous ouvrez qu'une fois par an, il vous reste que le ruban violet, celui qui va pas trop avec le papier rouge et jaune de votre paquet. Là, on note dans un coin de notre tête de penser à en racheter pour l'année prochaine, tout en étant sûr qu'on ne le fera pas.

Et voilà, c'est fini, on peut contempler les paquets. Evidemment, faut faire gaffe, quand on les range, à ne pas les empiler pour éviter d'écraser les frisouilles qui sont déjà suffisamment minables comme ça.

En tout cas, cette année, c'est clair, mes neveux de 3 ans vont comprendre que le Père Noël n'existe pas.
"- Tonton, c'est normal que le Père Noël il fait des paquets tout pourris ?
- Euh, ouais... Cette année il a du filer le boulot à un lutin un peu pété au kir royal..."

Par astheny
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Samedi 23 décembre 2006
Noël me déprime.
Ouais, je suis comme ça moi, je suis un rebelle de Noël.
Je ne vais pas servir le couplet classique, du style "blablabla consommation, blablabla le Père Noël, cette ordure, est la mascotte de Coca-Cola, blablabla fête capitaliste" (mais je garde l'idée pour la Saint Valentin). D'abord parce que j'aime bien recevoir des cadeaux et ensuite parce que je me surprends parfois à apprécier le fait d'en faire.
Non, non, c'est pour d'autres raisons. Mais avant tout, un peu de musique :



Noël, je l'ai toujours passé de la même façon : en famille chez mes grands-parents avec ma tante, mon cousin et ma cousine (enfin, fut un temps où il y avait mon oncle aussi, mais j'en reparlerai ptet un autre jour). Et forcément, comme toutes les réunions de famille, il y a des fausses notes.
Déjà, il y a des trucs qui nous échappent quand on est un jeune bambin innocent, mais qui font mal aux oreilles quand on grandit un peu : "Euh, je rêve où papy vient de sortir une remarque bien raciste ? Hmm... Non, j'ai dû mal interpréter... Ah merde, il a recommencé... Je relève ou pas ? Si je relève, je vais foutre le dawa, c'est sûr... Bon, le sujet de conversation a changé, tout va bien. Promis, la prochaine fois, je relève." Et bien sûr, je réplique jamais. Je justifie ma lâche attitude en me disant que, de toutes façons, ça ne changera rien. Mais bon, voilà quoi...
Dans les repas de famille, il y a aussi les blagues beaufs et les réflexions crétines. Là aussi, c'est un véritable dilemme : "Je ris ou je ris pas ? Si je ris, je vais à l'encontre de toutes mes valeurs, mais je tire la tronche depuis le début du repas... Bon allez, je fais un compromis, je vais sourire." Qui eût cru que ce cousin avec qui j'avais passé du temps à jouer quand j'étais petit allait devenir un peu crétin en grandissant ? Bon, je suis à peu près sûr que le fait de n'avoir pour exclusive lecture que des manuels de modélisme doit y être pour quelque chose, mais quand même... Ne lui en offrez pas un cette année pour Noël, c'est pas un cadeau que vous lui faites...
Dans les réunions de famille, il y a aussi mes soeurs. Mes soeurs, elles ne sont pas racistes ni beaufs, mais elles ont des enfants. J'avoue que j'ai du mal, parfois, à imaginer mes soeurs en mères de famille qui s'occupent des basses tâches matérielles de l'éducation d'un enfant. Donc forcément, quand je les vois à l'oeuvre, c'est un petit peu un choc. Ou alors, peut-être que les voir évoluer dans la vie me rappelle la façon dont je reste toujours bloqué moi-même au point de départ ? (Bienvenue à Psychologie de Comptoir, notre merveilleuse émission avec des spécialistes tels que Jean-René, météorologue certifié "Houlà, y'a plus d'saisons !", politologue de talent "Sont tous pourris !" et psychologue renommé "Sont malades dans leur tête !")

Un autre truc que je n'aime pas à Noël, c'est le repas. Pourquoi est-ce que pour les jours de fête je dois bouffer des trucs que je ne voudrais pas manger les autres jours, hein ?
Exemple académique : les huîtres. Quel est le sombre psychopathe qui a vu un jour une huître et qui s'est dit : "Hey, je mangerai bien de ça !" ? Et donc forcément, à Noël, faut qu'on nous serve des huîtres. Qu'à cela ne tienne, vous refusez d'en manger, et vous vous voyez répondre : "Mais goûte donc ! Ca va pas te tuer !". Désolé mais non merci, je ne mange rien qui a encore son appareil digestif en état de marche. Et d'abord, c'est quoi ce jus qui sort de l'huître et qui remplit sa coquille hein ?
Autre exemple : l'alcool. Bon, il faut savoir que je ne bois pas d'alcool. Ce n'est pas pour des raisons religieuses, ni pour des raisons médicales, c'est juste que j'aime pas l'alcool. Et ben dans la vie, c'est un putain de handicap, et à Noël particulièrement. Car il y a toujours quelqu'un qui remplit les verres sans demander avant aux gens s'ils en veulent. Du coup, on vous cale devant vous une coupe de champagne et comme on vous a pas placé à côté de la plante verte, vous êtes obligé de le boire en évitant de trop faire la grimace, voire même en faisant semblant d'apprécier. Il y a toujours des techniques de ninja bien entendu, comme de boire lentement et d'échanger son verre avec son voisin de table qui a déjà fini le sien, mais ça demande une bonne maîtrise pour pas se faire griller.

Je disais plus haut que j'aime bien recevoir des cadeaux, mais par contre, je déteste les ouvrir. Quand on déballe un cadeau, il y a toujours quelqu'un qui est en train de vous mater pour voir si ça va vous faire plaisir et comme il n'y a que dans les films que les gens s'exclament que c'est le plus beau cadeau de leur vie, ben il faut jouer la comédie. Seulement, je ne suis pas un bon acteur, et feindre la surprise et la joie en même temps, c'est trop pour moi. Du coup, je jette des coups d'oeil furtifs autour de moi pour être sûr que personne ne regarde de mon côté et, vlan, je déballe tout très très vite. Sauf que... Sauf que maintenant, il y a des gens qui filment. Quel est le putain d'intérêt de filmer des gens en train de déchirer du papier, sérieux ? Ma méthode de fourbe commence donc à être
sérieusement obsolète, il va falloir que je trouve autre chose.

Je pourrais ajouter que les décorations de Noël sur un sapin, je trouvais déjà ça craignos, mais la mode nouvelle de les mettre sur sa barraque, c'est carrément du gros n'importe quoi. Je ne sais pas d'où ça vient mais je suspecte fortement les séries américaines d'y être pour quelque chose (comme pour Halloween d'ailleurs). Du coup, on se balade dans la rue et les gens s'émerveillent devant des ampoules qui clignottent. Je veux dire... Ca a un sens de s'étonner devant des ampoules ? Du temps de Edison, ok, mais là... C'est vraiment du même niveau que les nains de jardin (et les nains, c'est du bas niveau, forcément).

Bref, je ne suis pas fan de Noël.
Et par conséquent, je ne vous souhaiterai pas un joyeux Noël. Ah ben oui, j'avais prévenu, je suis un rebelle moa.

Par astheny
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Vendredi 29 décembre 2006
Et voilà, normalement je devais écrire un truc et puis finalement non.
Radio.Blog m'a trop déçu. Tellement que je ne mets même pas de lien vers le site. Ah ben oui, je suis comme ça moi : faut pas me faire chier, sinon je déchaine mon courroux infernal et sans limite, que même Marv' à côté c'est de la gnognotte (celui de Sin City hein, pas celui de Warner Bros).
Ouep, j'ai cherché une chanson de Barbara dessus et je l'ai pas trouvée. Ca a été un sacré choc : il existe des chansons qui ne sont pas sur Radio.Blog ? Mais quelle honte !

Du coup, me voilà frustré pire qu'un fan de Twin Peaks à qui on annonce que non, finalement, les dvd zone 2 ne vont pas sortir en décembre 2006 comme c'était prévu (je fais dans la comparaison cryptique ce soir).

En plus, je suis pas content. Il m'arrive de lire le Monde, comme ça, pour pouvoir me la raconter en société. Ce matin, j'y lis un article intéressant sur les autres chiffres du chômage. Très bien, me dis-je, on dénonce un peu la façon dont les chômeurs sont comptabilisés. Et ce soir, je tombe là-dessus. Gros dégonflage, on file les chiffres officiels et on cite Borloo qui contredit l'article précedent. C't'abus...

Du coup, je me suis dit que de bons chiffres pour le chômage, ça allait aider l'UMP pour les présidentielles et j'ai voulu voir un peu l'état des sondages d'opinion à ce propos. J'ai pas réussi à dénicher un truc officiel récent (l'IPSOS le plus récent date du 13 décembre), mais j'ai trouvé ce truc. Bon... Les sondages en ligne, j'imagine que c'est un peu de la merde mais quand même... Sarkozy en tête, Le Pen en second... Ca va pas améliorer ma paranoïa présidentielle ça.
Je suis par contre étonné du pauvre score de Bayrou, j'ai l'impression qu'il risque de réussir une petite percée en 2007 lui.

Du coup, je vais laisser ce post tout vide. Voilà.
Inutile d'attendre donc, vous ne verrez rien d'intéressant ici ce soir.

Par astheny
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Mardi 2 janvier 2007
Et voilà, je lose : j'ai raté le post de voeux du 1er janvier. Internet c'est l'immédiateté, la réaction sur l'instant, le tac-au-tac, bim bam boum il se passe un truc et c'est direct sur les blogs et me v'là qui m'ramène avec un jour de retard. Ah ben bravo l'artiste...
Du coup, quitte à écrire une note tardive et un peu honteuse de l'être, je case une blague merdique en titre (qui aura l'effet secondaire de m'attirer plein de fans de Casino Royale, de Daniel Craig, d'Eva Green, de Martin Cambell, de Poker et de Yamakazi qui saute partout (*ding ding ding*, 6 hits combo)).

J'ai raté le 1er janvier donc, mais j'ai une excuse. Juste avant, j'avais enchainé trois nuits assez courtes (voire inexistantes) et j'étais un peu dans le gaz. Ouais, parce que moi, quand je fête le nouvel an, ça s'étale sur trois jours, je suis un ouf guedin. C'est un peu l'occaz de voir des gens qu'on voit pas souvent, alors j'en profite. Mais du coup, après avoir pas dormi trois nuits, ben le premier, j'étais un peu sur une autre planète. Les sons venaient de loin et le monde me paraissait un peu flou. Et pas moyen de dormir vu que, naturellement, le 1er janvier, il y a de la famille à la maison (à qui j'ai fait une très bonne impression en m'endormant à moitié dans mon assiette quand ils parlaient de la façon dont ils devaient refaire leur toiture).
Bref, mieux vaut tard que jamais hein ? (il y a toujours un bon vieux proverbe pour se sortir de n'importe quelle situation et pour combler un manque d'inspiration en matière de transition)

Ca fait très ado rebelle de 15 ans "je déTESte MEs pArENts eT Je VEuX uN sCoOTer", mais je n'aime pas les souhaits de bonne année (n'en déplaise à arathéa Ecliptica).

"Bonne année", à la rigueur, ok. C'est un peu comme dire bonjour, sauf que ça sert qu'une fois par an. Ca change du salut habituel, c'est pas plus mal. En plus, cette habitude de souhaiter la "bonne année", ça donne des situations dignes des plus grands western de Sergio Leone. Quand vous rencontrez quelqu'un que vous avez pas vu depuis le premier janvier, c'est à celui qui dégainera son souhait le premier. Enfin généralement, il y en a un qui s'approche avec un sourire confiant parce qu'il y pense, et l'autre qui ne s'y est pas préparé et qui se prend un "bonne année" en pleine face sans s'y attendre. Il se trouve obligé de répondre par un piteux "ah ouais, c'est vrai... bonne année" qui ne fait nullement illusion : il a été vaincu.

Le reste des souhaits traditionnels de nouvelle année par contre... "bonne santé, du bonheur, de l'amour, de la joie, de la réussite, de l'argent, un beau soleil radieux, des fleurs sur votre chemin, des oiseaux qui chantent votre nom...". Généralement, c'est à ce moment que les Bisounours débarquent façon SWAT pour éliminer les auteurs de cet inqualifiable plagiat.
L'année va se passer, il y aura sans doute des bons moments et des périodes craignos, comme d'hab (oui, je suis un peu astrologue à mes heures perdues). Tout le monde est conscient de ça, non ? Est-ce qu'il y a vraiment quelqu'un qui commence l'année en croyant sincèrement que ce sera la plus belle de sa vie ? A la rigueur, on peut espérer qu'elle soit pas trop pourrie mais les souhaits de début d'année ne vont rien changer à ça.

C'est pour ça que je ne vous souhaiterai pas une bonne année, ni une bonne santé ni rien du tout. Tout ce que je peux vous conseiller, et vous n'avez pas besoin de mes souhaits pour ça, c'est de  faire tout ce que vous pouvez pour que ça se passe bien pour vous, et pas juste cette année.

(ce texte devrait faire plaisir au F.O.N.A., j'ai pas cité 2007 une seule fois dedans. Ah ben merde, si en fait...)
Par astheny
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Mercredi 17 janvier 2007
J'avais dit que je le ferai alors je le fais : aujourd'hui, je vais parler de l'alcool (celui qu'on boit, pas celui qu'on met sur les plaies sanguinolentes des petits garçons qui se sont pétés la gueule dans la cour de récré histoire de leur passer l'envie de faire les cons).

J'ai donc un aveu à faire : je ne bois pas d'alcool.
Enfin quand je dis que je ne bois pas d'alcool, c'est faux parce qu'il est concrètement impossible de ne pas boire d'alcool dès que l'on se retrouve en société. Ou alors, on a direct l'air suspect, ou impoli, voire les deux à la fois. C'est difficile de refuser du champagne sans avoir l'air de le snober par exemple. Et quand quelqu'un sort une bouteille avec la phrase mythique "On m'a offert ça, je sais pas ce que c'est...", tout le monde doit goûter pour donner son avis et on a l'air d'un con quand c'est notre tour. Pire, quand l'oncle Fernand concocte lui-même son alcool et qu'il est tout fier de le faire goûter, c'est pas facile d'y échapper (quand c'est du cidre, ça va, mais sinon... bonjour les dégâts). Et je ne parle même pas des soirées dans un bar...

Ne pas boire d'alcool vous classe aussitôt dans la catégorie des relous.
Et oui, vous êtes celui pour qui il faut se lever pour aller chercher la bouteille de coca au frigo parce qu'on ne boit pas quelque chose contenue dans le placard/coffre à alcools. Vous êtes celui dont il faut ranger le verre à apéro, la flûte de champagne, le verre à vin...
Et encore, ça, c'est quand on vous demande avant. Parce que forcément, il y a aussi des gens qui remplissent les verres avant et les distribue à toute la tablée. "Ah non, pas pour moi merci *gêne gêne*".

Vous entendez aussi des phrases rituelles et habituelles, du genre "Ah ? Tu ne bois pas encore d'alcool ?". Quoi ? Comment ça "pas encore" ? Tu crois que je suis pas fini parce que je me pochtronne pas la gueule, c'est ça ? Bordel.
Suite à ça, je voulais parler des blagounettes au sujet de l'infantilisme dans lequel on vous plonge quand vous ne buvez pas d'alcool, mais je préfère mettre le lien vers l'excellente bd sur laquelle j'aurais de toutes façons copié : Wopah.
(c'est en trois planches, donc il faut avancer avec les petites flêches pour tout lire)

*** Interlude ***

Vous remarquerez que je cite les sources plutôt que de copier comme un petit batard. Là normalement, on doit se dire que c'est bien, que le crime ne paie pas, que bien mal acquis ne profite jamais, que le fait de copier m'aurait amené plein d'ennuis et que j'ai bien eu raison de ne pas le faire. On pourrait dire ça ouais, mais ce serait méconnaître les réalités de la vie.
Prenons un cas d'école : Raphaël Mezrahi.

Pour ceux qui connaissent un peu le Petit Rapporteur, il est évident que Raphaël a tout pompé sur Pierre Desproges (mais genre vraiment tout quoi). Or, grâce à ça, il s'est fait connaître, il est devenu pote avec la famille Castaldi qui l'a initié à la Jet Set parisienne. Depuis, il se fait inviter dans toutes les soirées hype, genre organisées par des grandes marques de téléphonerie mobile (pas de marque, faut faire gaffe en ces temps de campagne présidentielle), il peut y bouffer gratos en discutant avec Gérard Jugnot, Lorant Deutsch et Frédéric Beigbeder et repartir avec en cadeau le dernier téléphone Motorola (hop, le CSA n'a rien vu).

Comme quoi, les proverbes de grand-mère et la morale, c'est vraiment de l'arnaque.

*** Fin de l'interlude ***

Reprenons sur l'alcool donc.
Pourquoi est-ce que je ne bois pas d'alcool ? C'est difficile à dire, je ne sais pas trop en fait. Il y a sans doute plusieurs raisons.
D'une part, je n'aime pas le goût de l'alcool. Bon, ça paraît super con comme raison étant donné le nombre impressionnant d'alcools différents qui existent, mais malgré tout c'est vrai. Je n'aime pas le vin rouge ou blanc, ni la bière, ni le champagne, ni la vodka, ni le whisky, ni tous les mélanges suspects qu'on a pu me faire goûter. Du coup, ça ne m'encourage pas à boire.
En plus de ça, j'aime assez garder un certain contrôle sur moi. Je me déteste quand je me laisse emporter et l'alcool favorise généralement ce genre de dérives regrettables.
Et puis bon, j'avais quand même un oncle alcoolique qui s'est pendu. Quelque part, ça a du me calmer.

Je ne bois pas d'alcool donc, voilà, je suis comme ça.
C'est con d'ailleurs, parce que l'alcool c'est carrément la classe. Il y a trop de situations que j'aimerais connaître et que je ne pourrai pas vivre à cause de ça.
Par exemple, attablé seul dans un bar, une bouteille sur la table et un verre à moitié vide devant soi (ah oui, le verre est à moitié vide chez moi, mais ça ne va pas vous étonner je pense) en train de noyer son chagrin dans l'alcool. Le pur style Bogart dans Casablanca, la classe ultime en quelque sorte, ben je peux pas le faire.
C'est un peu comme la cigarette d'ailleurs, je ne fume pas mais putain ce que c'est stylé de fumer. L'action de fumer, de porter la cigarette à ses lèvres, de souffler un long filet de fumée d'un air nonchalent, ça pète trop le staïle. D'ailleurs, tous les gens classes fument. Pour s'en convaincre, voici une image de l'homme le plus classe du monde (non, ce n'est pas Georges Abitbol).
J'avoue aussi que je n'ai jamais vécu de réveil sans me souvenir de ce qui s'est passé la veille, du genre : "Oulala, j'ai mal à la tête... Hmm, qu'est-ce que ce cône de signalisation fait dans mon lit ?". J'aimerais bien vivre ça une fois, comprendre ce que ça fait une vraie cuite de malade (oui, cela entre en contradiction avec ma volonté de garder le contrôle, mais les hommes sont faits de contradiction).

Handicap social, handicap de style, ne pas boire d'alcool est un poids avec lequel on doit vivre tous les jours. Et croyez-vous que des gens s'intéressent à nous ? Qu'on nous aide à supporter ça ? Que dalle.
Société de merde.

Bonus Track :
Hop, en bonus, voici l'interview de Françoise Sagan par Pierre Desproges pour bien se rendre compte que Raphael Mezrahi a tout pépom.
Si vous voulez voir une interview de Mezrahi pour comparer, suivez ce lien.

Par astheny
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Vendredi 19 janvier 2007
Aujourd'hui, on va parler Scrabble.
Mais d'abord, une petite vidéo pour se mettre dans l'ambiance :
Oui, bon, j'avoue... C'est aussi un peu pour meubler vu que j'ai pas grand chose à dire.
(Le sujet m'a été suggéré par quelqu'un, donc c'est chaud d'en faire quelque chose de correct et d'intéressant)

Et donc, contrairement au mec qui déchire tout sur la vidéo là, le Scrabble, j'aime pas.
(Ce blog enchaîne les révélations sur les éléments les plus intimes de ma vie)

De base, je trouve que le principe est bon : un tas de lettres qui vont pas ensemble et dont il faut réussir à faire quelque chose. Ca demande un peu de chance (ben oui parce que faire un mot avec WQPFDJTV, c'est chaud), un peu de culture, un peu de réflexion... Bref, ça a tout pour fonctionner.
Le problème réside dans le calcul des points.
(Hmm... Rien qu'en écrivant cette note, je trouve ça chiant, donc j'imagine même pas ce que ça va donner à la lecture... Tant pis, je continue et j'essaie de pas m'endormir sur mon clavier.)

Je disais donc... Le problème réside dans le calcul des points.
Ben oui, le but du jeu n'est pas, comme on pourrait le croire au premier abord, de faire des mots longs et classes avec les lettres qu'on a reçues, mais bel et bien de maximiser les points en plaçant des grosses lettres sur des cases "mot compte triple" ou autres. Et c'est là que ça me saoule.
Ca me saoule parce que j'ai pas envie de calculer toutes les possibilités de total de points faisables avec mes lettres, ça me saoule parce qu'un mot de trois lettres bien choisies et judicieusement placées rapportent plus qu'un mot long et stylé mal placé, ça me saoule parce qu'en plus de réfléchir à maximiser ses points, il faut empêcher les autres d'accéder à certaines cases : "Quoi ! Mais non, ne place pas ton mot là ! Sinon il va pouvoir placer un mot sur "mot compte triple" !".
Super...
(Si vous vous faites chier en lisant cette note, je ne saurais trop vous conseiller d'aller faire un tour sur les blogs suggérés dans la liste se trouvant à votre droite, 100% garantis sans article sur le Scrabble)

L'autre truc que j'aime pas dans le Scrabble, c'est le jeu des experts : ceux qui connaissent tous les petits mots à la con pour placer certaines lettres. On les reconnaît au fait qu'ils ne ralent pas quand ils tombent sur un X, un W ou un K. Pourquoi ? Parce que ça va leur permettre de placer des mots comme WU, XI, KAN, WAX ou KYAT.
N'allez pas croire qu'ils sont cultivés et qu'ils ont un vocabulaire impressionnant. La plupart du temps, ils ne connaissent même pas la définition des mots qu'ils placent. Seulement, ils ont pris le dictionnaire et appris tous les mots courts contenant des grosses lettres histoire de les caser facilement. Et bien entendu, ils ressortent toujours les mêmes (et s'ils peuvent les faire croiser, c'est encore mieux).
(En même temps, qu'est-ce que vous venez faire sur un blog aussi ? Vous avez pas autre chose à faire ? Du genre aller batifoler dans les champs ou participer au bingo hebdomadaire organisé dans la salle des fêtes de votre commune ?)

Le dernier truc qui m'énerve à propos du Scrabble, c'est les parodies qui en sont faites et qui sont toujours pareilles : il y a toujours quelqu'un qui essaie de placer un mot qui n'existe pas et qui essaie de bredouiller des explications sur la définition du mot. De Pierre Palmade à Kid Paddle, c'est toujours la même chose : "Ha ha ha ! Trop comique, il essaie de placer un mot qui existe pas et d'inventer une définition !". C'est bon quoi, on est en 2007, il y a des blagues qu'on n'a plus le droit de faire, elles sont périmées, c'est fini. C'est un peu comme mettre en scène un conflit entre un mec et sa belle mère (qui se détestent tellement, ho ho ho).
C'est de l'humour basé sur des stéréotypes de blagues d'il y a 20 ans. Le pire, c'est que vu qu'on a été nourri avec cet humour, on a l'impression, quand on nous le ressert, que c'est "bien vu". Alors que pas du tout, ça ne reflète pas la réalité en la déformant, ça ne fait que naviguer sur des vieux sketchs sans innover du tout.
Si vous voulez plus d'exemples de ce genre d'humour, je vous conseille de mater Un gars, une fille dont le succès est basé là-dessus (uniquement composé de scènes dont certains disent qu'elles sont typiques de la vie de couple alors qu'elles ne sont typiques que de grossières caricatures qu'on se traîne depuis des années).

(Bon normalement là, tout le monde est soit parti, soit mort d'inactivité cérébrale, donc je peux me permettre de ne pas faire de jolie conclusion et de me casser à mon tour. Silencieusement, parce qu'il y a des gens qui dorment... Et j'abandonne l'idée de cet article sur le jokari aussi.)

Par astheny
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Jeudi 25 janvier 2007
Ma mère voici le temps venu, d'aller prier pour mon salut
Mathilde est revenue
Bougnat tu peux garder ton vin, ce soir je boirai mon chagrin
Mathilde est revenue
Toi la servante toi la Maria, vaudrait peut-être mieux changer nos draps
Mathilde est revenue
Mes amis ne me laissez pas, ce soir je repars au combat
Maudite Mathilde puisque te v'là

Mon cœur mon cœur ne t'emballe pas, fais comme si tu ne savais pas
Que la Mathilde est revenue
Mon cœur arrête de répéter, qu'elle est plus belle qu'avant l'été
La Mathilde qui est revenue
Mon cœur arrête de bringuebaler, souviens-toi qu'elle t'a déchiré
La Mathilde qui est revenue
Mes amis ne me laissez pas, dites-moi dites-moi qu'il ne faut pas
Maudite Mathilde puisque te v'là

Et vous mes mains restez tranquilles, c'est un chien qui nous revient de la ville
Mathilde est revenue
Et vous mes mains ne frappez pas, tout ça ne vous regarde pas
Mathilde est revenue
Et vous mes mains ne tremblez plus, souvenez-vous quand je vous pleurais dessus
Mathilde est revenue
Vous mes mains ne vous ouvrez pas, vous mes bras ne vous tendez pas
Sacrée Mathilde puisque te v'là

Elle ne s'appelle pas Mathilde et je suis loin d'être Jacques Brel. Il n'y a jamais rien eu entre nous, jamais rien de réciproque en tout cas. Un garçon aime une fille, la fille n'aime pas le garçon. Quoi de plus banal ?

C'est une vieille histoire que j'ai du mal à dater sans avoir besoin de calculer. Voyons... ça a du commencer en février ou mars 2003. Bientôt 4 ans, j'ai du mal à percuter.
A l'époque, je n'avais pas encore élaboré mes théories sur l'amour. Celles-ci résultent d'ailleurs très certainement de tout cela. Une manière de se blinder, de se construire une armure solide pour éviter de prêter à nouveau le flanc aux coups.
Et je vais la revoir, faut croire que je suis un peu maso.

La dernière fois que je l'ai vue, elle refermait une porte derrière elle et s'en allait. C'était la fin de courtes vacances dans le sud de la France, on a échangé quelques mots dans le noir, tout bas pour ne pas réveiller les autres et elle est partie.
Si la vie était une comédie romantique, je lui aurais couru après. C'aurait été pathétique, mais pas autant que ce qui s'est passé en réalité.
Je me suis effondré et j'ai pleuré.
Dans le noir, tout bas pour ne pas réveiller les autres.
Pourquoi ? C'était ridicule. Je ne la perdais pas, puisque jamais nous n'avions été ensemble. Cela ne changeait rien, vraiment rien. Et pourtant...
Voilà. C'est la dernière fois que je l'ai vue et c'est aussi la dernière fois que j'ai pleuré.

Et là, hier, dans un mail, une question plutôt inattendue : "tu fais quelque chose vendredi matin ?". Je suis étonné, ce n'est pas dans ses habitudes.
Non, bien sûr que non, je ne fais rien vendredi matin. Et quand bien même ç'aurait été le cas, que n'aurais-je annulé pour pouvoir te répondre que je pouvais te rejoindre où tu voulais et à l'heure que tu souhaitais ?

Je vais la revoir demain.
Je suis enchanté. Je suis déprimé. Je suis euphorique. Je suis terrifié. Je suis plein d'attentes. Je suis désespéré. Je suis curieux. Je suis sceptique. Je suis plein de bonne volonté. Je suis malade. Je suis flegmatique. Je suis anxieux.

Que va-t-il se passer quand je vais la voir ? La passion n'est-elle pas censée mourir avec le temps ?
Vais-je me rendre compte que je l'aime encore ? N'éprouverai-je envers elle que totale indifférence ?
Et pourquoi est-ce que je n'arrive pas à déterminer laquelle des ces options m'effraie le plus ?

Par astheny
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Vendredi 26 janvier 2007
Devant l'attente prononcée, je livre la fin de l'histoire.
C'est assez terrible, car il n'y a finalement pas grand chose à raconter. On s'est vu, on a discuté, on est allé dans un café, on a continué à discuter, puis elle est partie de son côté et moi du mien.
Rien de plus.

Mais c'est précisément ce rien qui fait tout.
Je n'ai pas ressenti de frisson en sa présence, je n'ai pas bu ses paroles avec ivresse, je n'étais pas sous l'effet d'un charme quand son regard plongeait dans le mien, je n'ai pas eu à réfréner d'élans ardents.
Aucune fièvre ne s'est emparée de moi, aucun brasier ne s'est allumé, je n'étais la proie d'aucune agitation, elle n'avait plus cette magie que je lui avait connue.

C'était prévisible, la passion fâne et meurt... même si l'on a du mal à y croire.
C'est... bizarre. Je tire enfin un trait sur cette histoire qui a été l'affaire de quatre ans de ma vie. J'ai l'impression que l'on m'a retiré quelque chose, qu'il me manque cette mélancolie avec laquelle j'avais pris l'habitude de vivre.
Mais ça va. Tout compte fait, je le prends plutôt bien.

Que faire de tous ces souvenirs maintenant ? Tous ces moments que j'avais gardés dans un coin de ma mémoire et qui, hier encore, avaient le pouvoir de m'envoûter : une promenade dans un parc parisien, des bastons de regard que je ne pouvais pas gagner, une tête s'endormant et se posant doucement sur mon épaule au hasard des virages d'une route...
Eux aussi ont perdu leur magie.

Le détail est drôle : dans le rer du retour, deux hommes sont arrivés avec leur guitare, se sont posés en face de moi et ont chanté pour les voyageurs. Un générique de fin pour mon histoire, que pouvais-je demander de plus ?

Soy un hombre muy honrado, Que me gusta lo mejor
Las mujeres no me faltan, Ni al dinero, ni el amor.
Jineteando en mi caballo, Por la sierra yo me voy
Las estrellas y la luna, Ellas me dicen donde voy

Ay, ay, ay, ay
Ay, ay, mi amor
Ay, mi morena
De mi corazó
n

Et pour la suite ?
J'aimerais dire que je suis devenu plus fort. Que désormais libéré, je vais me sentir plus léger et aborder sereinement une nouvelle étape de ma vie.
Mais ce serait mentir, je ne suis pas comme ça.
Concrètement, rien n'a changé. Je suis toujours le même, avec juste une petite pointe de désillusion en plus.

Par astheny
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Jeudi 15 février 2007
Ralala... Je voulais choper la jolie date du 14 février et je l'ai ratée.

Je suis emmerdé parce que je voulais poster un super article bien larmoyant, genre "ouin, encore une Saint Valentin sans Valentine, en plus je suis une merde parce que j'ai raté mon concours ce matin, j'ai pas d'avenir, bouhouhou".
Mais bon là du coup, le 15 février, ça n'aurait pas de sens de pondre ce genre de mélo, donc je me retrouve sans rien à dire. (j'ai tenté de faire quelque chose du genre "ouin, encore une Saint Claude sans Claudette", mais étrangement ça ne fonctionne pas aussi bien).

Qu'à cela ne tienne ! Je suis quelqu'un plein de ressources, donc coup de baguette magique, je chope une partie de mon article, je le passe en mode "comédie" et paf !
(bon, voyons ce que ça donne)

Ces deux derniers jours donc, j'ai passé un concours. Ben ouais, j'ai beau avoir une confiance aveugle dans les études que je fais (erm erm), je prépare quand même un truc un peu plus sûr. Quel concours vous demandez-vous ? Et bien la réponse tout de suite, en musique :



(je  n'ai qu'une très vague idée de la provenance de cette chanson, énorme au passage, mais si vous avez des pistes pour féliciter l'auteur, je suis preneur)

Je ne vais pas la jouer suspens de western, genre à mater trois heures la scène du duel au soleil alors qu'on sait bien que c'est Clint Eastwood qui va mettre l'autre sévère : j'ai complètement foiré. Limite j'ai failli pas y aller ce matin tellement c'était pas la peine.
Mais bon, je vais quand même vous raconter un peu les à côtés du concours.

Déjà, quand vous passez un concours, vous recevez une convocation et quand vous lisez ladite convocation, vous tombez sur le matériel autorisé. C'est très précis, ça ne rigole pas : par exemple, vous avez le droit à un crayon de papier HB ou 2B. C'est tout pour les crayons à papier, le reste est proscrit. Je me demande ce qui se serait passé si un rebelle s'était ramené avec un crayon 2H.
J'imagine bien la scène avec le surveillant qui s'approche du candidat fan de pointes sèches, brisant théâtralement l'objet du délit sur son genou avant d'exclure le malfrat.

Muni de votre convocation, vous pouvez vous rendre à la maison des examens (qui devrait plutôt s'appeler le putain de palais des examens tellement c'est immense). Il vous faut bien votre convoc', parce qu'à l'entrée, y'a des gros vigiles qui vous regardent méchant si vous agitez pas votre papier rose devant leur nez.
Je pense qu'il est véritablement indispensable d'avoir cette protection à l'entrée, des fois qu'un mec essaie de fourber et de passer un examen sans être convoqué. Ca doit arriver très souvent.

Le concours est censé démarrer à 9h00, mais on vous a clairement indiqué que vous deviez être présent trois quarts d'heure avant l'épreuve. Vous avez bien senti venir le coup de l'arnaque, genre à poireauter comme un blaireau devant une porte close mais bon, vous allez pas prendre le risque d'être en retard hein ?
Ben bravo Madame Soleil, vous aviez raison. L'aile D est définitivement fermée et vous avez plus qu'à attendre que quelqu'un daigne l'ouvrir. Ce qui n'arrivera pas avant une bonne demie heure d'attente dans le froid et sous la pluie.
Cela dit, c'est peut-être une première épreuve pour apprendre aux futurs CPE les conditions de surveillance de récréation.

La salle vous est ouverte !
Ou plutôt les salles, car apparemment, y'a pas mal de candidats. Les salles ont beau être énormes, il y en a au moins 4 ou 5.
En plus, les salles sont high tech. Vous qui êtes habitués aux salles d'exams miteuses de votre fac, avec l'horloge qui pointe depuis 3 ans la même heure, vous êtes tout surpris en voyant un affichage digital de l'heure qui semble coller avec ce qu'annonce inlassablement l'horloge parlante.
Enfin vous la voyez pas longtemps puisque juste devant vous, c'est carrément Miss Hulk qui s'installe, 3 mètres 10 et une touffe de cheveux qui donne pas envie d'être réincarné en peigne.

C'est le moment où les surveillants vous annoncent le règlement. Les surveillants, y'en a six mais y'a quand même un président de salle parmi eux. Parce qu'à six, ils sont sans doute incapables de se mettre d'accord sur qui fait quoi, donc faut impérativement une hiérarchie.
Le règlement, tout le monde le connaît, mais ils le disent quand même. Donc on vous annonce que vous n'avez pas le droit de téléphoner pendant l'épreuve, des fois qu'un candidat se soit cru chez Jean Pierre Foucault et ait voulu utiliser l'appel à un ami.
On vous dit aussi qu'il faut éteindre les portables et vous savez que cette recommandation est vaine. Depuis que Dieu (ou Ericsson, je sais plus) a inventé le téléphone mobile, il y en a toujours eu un qui a sonné pendant chaque examen de la Terre. C'est une règle universelle et elle a été une fois de plus vérifiée durant les deux épreuvres.

Là, surprise, vous entendez tout à coup une voix surgie de nulle part qui prévient les surveillants qu'ils peuvent ouvrir les sujets. Vous comprenez rapidement qu'une nana, quelque part dans le putain de palais des examens, est en train d'annoncer à toutes les salles en même temps le top départ de distribution des sujets.
Ben oui, des fois qu'il y ait deux minutes de décalage entre deux salles, imaginez le drame.
Lorsqu'ils distribuent les sujets, vous vous demandez si les surveillants ont été sélectionnés sur leurs aptitudes à filer tel le vent dans les rangées. Ben oui, ce serait vraiment trop con de synchroniser la distribution des sujets et que cette distribution prenne plus ou moins de temps selon la salle.
Bon, après avoir observé que les surveillants dans une même salle n'arrive pas aux bouts de rangée au même moment, vous en concluez que si en fait, c'est con.

Comme vous n'êtes pas moqueur, vous décidez de ne pas parler de cette candidate à la démarche étrange. Vous vous demandez si elle porte des talons pour la première fois de sa vie ou si, naturellement, elle marche comme si elle faisait du ski de fond. Oui oui, même le mouvement des bras vous y fait penser.
Vous ne pouvez vous empêcher d'espérer qu'elle ne passe pas le concours, parce que si elle devenait CPE avec sa démarche, c'est sûr qu'elle se ferait caillass' la tronche dès qu'elle mettrait le nez hors de son bureau.

Bon là, vous êtes au début de l'épreuve et la fin de la note.
C'est un peu comme l'Ouroboros, le serpent qui se mord la queue. Tant de symbolique... C'est beau.

Par astheny
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