Mon problème avec les gens

Publié le par astheny

C'est une démarche difficile à effectuer, on préfère souvent fermer les yeux et se dire que tout va bien, mais il faut parfois reconnaître que l'on a un problème.
Dernièrement, j'ai été forcé d'admettre que j'ai un problème avec les gens.

C'est un peu vague, je l'admets, mais j'ai du mal à trouver une dénomination qui colle parfaitement avec ce que je vis. C'est autre chose que de la timidité, ça va plus loin que ça. Je pensais avoir le mot qu'il faut avec agoraphobie, mais j'ai découvert que l'agoraphobie, c'est pas du tout la peur des gens, ou le fait de ne pas les aimer, mais plutôt avoir peur d'avoir peur (oui, ça m'a surpris aussi).
Du coup, je me retrouve sans mot pour qualifier mon problème, je suis bien emmerdé.
Je vais donc devoir vous expliquer un peu les symptomes pour que vous compreniez de quoi je parle.
C'est maintenant que je me rends compte que ç'aurait été con de trouver direct un mot qui désignait parfaitement ce dont je voulais parler parce que ça aurait un peu niqué l'article (qui ce serait résumé au simple titre).

De base, je n'aime pas les gens.
Quand je les croise comme ça, dans la rue, ça ne se manifeste pas trop mais dès que ça va plus loin que le simple fait de se croiser, je me mets à détester la personne.
Par exemple, dans les couloirs de la gare, je vais ressentir une violente hostilité à l'égard des gens s'ils ne marchent pas suffisamment vite, s'ils s'arrêtent dans le passage, s'ils trainent une valise à roulettes derrière eux, s'ils hésitent sur l'endroit où ils vont, s'ils portent un costume de flic ou de contrôleur (même si je suis en rêgle), s'ils me regardent, s'ils parlent suffisamment fort pour que j'entende ce qu'ils disent, s'ils ne disent pas merci quand on leur tient la porte, s'ils appuient trop leur merci quand on leur tient la porte...
Dès que je suis amené à côtoyer quelqu'un plus régulièrement, je vais immédiatement le caser dans une catégorie toute faite basée sur les défauts. Je suis d'ailleurs extrêment doué pour découvrir très tôt les défauts des gens et à me fixer dessus, de manière à ce qu'ils deviennent des tares inacceptables et repousantes. Il m'arrive d'ailleurs assez souvent de détester quelqu'un alors que les autres autour de moi le kiffent (genre un prof), et moi de leur dire : "putain, mais vous vous rendez pas compte que c'est qu'un sale hypocrite qui veut juste vous mettre dans sa poche ?" (ça me le fait en ce moment avec un certain Nicolas S. d'ailleurs).
Même quand je connais quelqu'un et que je lui parle régulièrement, j'ai parfois une envie irrépressible de provoquer une dispute, que ça clash un gros coup, pour une raison que j'ai encore du mal à expliquer.

Histoire d'illustrer le propos, j'ai vécu récemment trois mises en situation sociale. Il faut savoir que de base, je suis tenté de refuser toute invitation (et je le fais souvent), mais les gens insistent donc je finis parfois par venir quand même.

La première, c'est une invitation à un barbecue. Petit nombre de gens, et normalement je connais tout le monde, donc tout va bien. Sauf que finalement, il y avait une personne inconnue : le frère d'une fille qui était là, donc malaise.
Bon, direct je le vois et il est catégorisé en crétin sans cervelle qui s'ignore, version "je kiffe le surf et les sports extrêmes", avec mention "j'utilise un pot de gel et deux heures le amtin pour faire tenir mes cheveux".
Dans ces situations là, ça reste gérable. Il me suffit de ne lui adresser la parole que lorsqu'il me pose une question directe, et de désamorcer les conversations qu'il veut engager par des réponses évasives.

Deuxième situation : invitation à une pendaison de crémaillère.
Bon, là, je sais à l'avance qu'il va y avoir des gens que je ne connais pas, mais j'espère que le nombre de gens que je connais sera plus grand, afin que les autres se fondent dans la masse. Mauvaise surprise : on est 10 en tout dont 4 inconnus, ce qui fait beaucoup quand même.
Petite catégorisation rapide, par habitude : nous avons donc les deux venus en couple et qui ne se parlent que l'un à l'autre comme s'ils étaient seuls sur Terre, le muet au sourire idiot qui acquiesce à ce que disent les autres, même quand il se fait vanner par le monsieur "je me la raconte et je me donne de l'importance" qui a sans doute travaillé son humour de beauf dans les campings de plage, l'été, où il a été élu "meilleur metteur d'ambiance".
Là, la situation devient plus pathologique. Je me retrouve obligé de discuter seulement avec les gens que je connais et à décrocher des conversations qui impliquent les inconnus.

Troisième situation : invitation à un anniversaire d'un mec que je connais à peine.
Bon là, j'avoue que je l'ai cherché mais on a beaucoup insisté pour que je vienne. Le mec en question, c'est en gros l'ami d'un ami d'un ami à moi. Je l'ai vu genre 3 fois dans ma vie et là, on me demande de venir à sa teuf d'anniversaire qui se fait dans une forêt, la nuit, autour d'un feu.
Il y a beaucoup de monde, donc je suis obligé de les catégoriser en bloc en "gens  faussement branchouilles qui vont être murgés dans une heure". L'autre problème, quand il y a du monde, c'est que ce sont les gens que vous connaissez qui se fondent dans la masse. Rapidement, vous les voyez s'éloigner et aller parler à des inconnus.
Et là, c'est le drame : je me pose quelque part, je regarde le feu et j'attends que la soirée se passe.

Ouais, ouais, je sais, c'est un peu pathétique tout ça.
(mais bon, c'est pas le pire : un jour je vous raconterai comment je suis un peu schizo, que je me parle à moi-même et que j'entends des voix)

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simo 06/09/2009 00:34

salut, moi aussi j'ai le meme probleme ,voire meme bcp plus ke toi, pfff je souffre de ca ....

le sage 10/02/2009 22:09

tu es un phobique social mon ami voila le terme exact de ta pathologie quand au voix que tu entends ,inquietant!

Mister T 10/05/2007 10:46

Ca fait deux articles que je lis sur ton blog que je découvre par hasard...J'aime bcp ta plume, au vu des articles "zéro de conduite" et celui-ci  tu es exactement comme moi niveau personnalité, j'ai fait un test de personnalité il y'a peu duquel je n'attendais pas grand chose  qui m'a diagnostiqué énnéagramme type 6 (tu devrais jetter un oeil sur google à mon avis tu te retrouveras pas mal dans cette description du type 6), force est de constater que l'analyse est assez troublante^^ (le petit côté associal cynique observateur ,la constante auto dévalorisation, la peur que tout se passe mal...)

J. 05/05/2007 22:15

Acet, t'oublies de dire que la première fois que tu m'as vue t'as pensé très fort que t'aimais bien mon tee shirt et que j'avais l'air super sympa.

Bon ok t'as vite déchanté mais bon.

Moi je n'ai pas ton problème mon petit Astheny, je suis mégaaaa sociable, voir un peu trop, même si comme toi je HAIS les gens qui savent pas ou ils vont à la gare.

Acet' 03/05/2007 10:54

Oh chouette moi non plus j'aime pas les gens ! En 2 ans de fac, je me suis fait quoi... 3 amis... Tous des cons, des crétins sans cervelle.Sauf que les étapes de catalogisation [mot compte triple] je les accomplis pendant les cours en amphi, une vrai mine d'or (surtout en droit)"Ah mais c'est quoi cette blonde nappy bétacaroténée et sappée en hello kitty qui rigole parce qu'un bobo du dimanche a dit "caca""J'exagère à peine [à savoir que cette blonde à la peau orange porte vraiment du hello kitty]Bref, j'en passe et des meilleurs...Formons un groupe d'antisociaux, ce sera déjà un grand pas dans notre socialisation.Puis là j'arrête d'écrire parce que mon commentaire commence vraiment à devenir long....