(d)écrire un livre

Publié le par astheny

Je ne sais pas si je l'ai déjà dit sur ce blog mais...
Ah avant de continuer, il faut que je vous parle de cette pathologie : lorsque j'écris quelque chose, ça me sort de la tête. Je ne me souviens jamais trop de ce que j'ai écrit, ce qui entraîne parfois des situations cocasses, genre quelqu'un qui fait référence à quelque chose que j'ai pu écrire et moi qui pige pas la référence. Bref...
Je ne sais pas si je l'ai déjà dit sur ce blog mais il y a quelques temps, j'avais essayé d'écrire un livre.

De base, je me disais que ça devait pas être trop compliqué après tout : suffisait d'aligner des mots de façon plus ou moins cohérente (laissons la place aux figures de style cheloues qui seront analysées après ma mort par des profs de français sous acide) et paf, on avait notre livre. Finalement, tout cela n'était qu'une question de temps.
J'avais donc commencé, tout confiant, j'ai écrit une page, j'ai relu et là...
Je vous passe les détails et je saute directement à la conclusion : c'est pas facile d'écrire un livre.

Mais comme le recyclage, c'est bien (d'après Nicolas Hulot), je vais ce soir vous décrire le livre que je voulais écrire.
Allez hop, c'est le web 2.0, je vais donc faire un truc de fou : si j'ai suffisamment de commentaires positifs genre : "c'est génial, si le livre sort, je le lis direct", "je suis éditeur et je vous achète le livre direct", "je suis Cédric Klapisch et je veux en faire un film direct" ou autres "je suis une femme et je veux porter ton enfant direct", ben je me mets au travail.
Bon, il en faut quand même pas mal pour me décider, genre euuuuhh... Au moins 50 (oui, je ne prends pas trop de risques).
Tiens d'ailleurs, je remarque une putain de hausse du nombre de lecteurs ces derniers temps et une baisse du nombre de commentaires. Je ne comprends vraiment rien aux stats des blogs.

Bref, comme je suis un mec super spirituel, le livre que je voulais écrire avait un propos sous-jacent super sérieux. En fait, je voulais questionner la grande question philosophique "l'homme, animal rationnel ou non ?". Les personnages du livre étaient grosso-modo classables en deux catégories : les rationnels et les pas rationnels (je vous file des tips pour quand vos petits-enfants devront faire une fiche de lecture sur ce livre), les premiers étant un peu les "méchants" et les seconds les "gentils".

L'héroïne s'appelle Prune et elle a 21 ans. Sa mère (rationnelle qui regrette sa rationnalité) lui a donné un prénom original pour qu'elle devienne une personne originale (ouais je m'étais aussi dit que j'allais trouver des raisons aux prénoms et interroger la façon dont les prénoms déterminent une personne). Pas de bol, Prune est pas très originale : elle a une vie assez peu remplie et presqu'entièrement tournée vers ses études (un truc bien glauque genre un Master de Physique), elle se sent pas super bien dans sa peau mais est animée par la force de l'habitude, comme son père (rationnel), qui est d'ailleurs est fier d'elle. J'avais aussi plus ou moins prévu de faire une grande soeur (Cléa), mais je sais plus trop pourquoi.
Comme vous l'avez compris, Prune démarre en tant que rationnelle par "tradition familiale", mais va se tourner peu à peu vers l'irrationnel (beaucoup plus séduisant) au fûr et à mesure du bouquin.

L'histoire commence avec un suicide dans la cité de Prune. Un jeune garçon de son âge se balance du haut d'un immeuble et notre héroïne est sur place (pas forcément tout de suite, ça fait un peu cliché, mais disons avant que les secours arrivent).
Le garçon, Pascal, est une connaissance lointaine, comme on connait de vue une personne qui a sans doute été dans la même école que soi mais sans qu'on lui ait jamais parlé.
Cela dit, ce suicide va rapidement la hanter. Elle se demande comment un garçon de son âge peut être amené à se balancer du haut d'un immeuble, elle se pose plein de questions sur la vie du suicidé et se remet en question elle-même. Après tout, vit-elle la vie qu'elle veut mener ?
Du coup, paf, elle décide de jouer un peu les Martine détective et d'enquêter sur Pascal. Plus que ça, ce mec l'obnubile tellement qu'elle se demande si elle ne tombe pas peu à peu amoureuse de lui (oui, oui, d'un mort donc), tellement son suicide va à l'encontre de tout ce qu'elle commence à détester dans sa propre vie (la routine, la rationnalité, tout ça).

Bon ça, c'était le début, donc c'était assez construit dans ma tête. Le reste est un peu plus bordélique et ressemble plus à des jets d'idées.

A un moment, je voulais qu'elle s'introduise par effraction (plus ou moins) dans l'appart de la famille de Pascal, qui vivait seul avec sa mère (rationnelle). Elle y découvre des vieilles photos de famille montrant Pascal entouré de son père, sa mère et apparemment d'un frère. Elle trouvait aussi des trucs écrits par Pascal, genre des poèmes ou des choses du genre.
Dans l'appart', elle se fait gauler par la mère de Pascal qui en vient (peut-être pas sur le coup, mais plus tard) à lui raconter la séparation avec son mari. Il y a longtemps, sur une aire d'autoroute, le père de Pascal était parti faire faire pipi au frère de Pascal et n'était jamais revenu, abandonnant Pascal (alors tout jeune) et sa mère. Elle n'a plus aucune nouvelle depuis (et elle n'a pas voulu aller à Perdu de Vue).

Du coup, Prune se met en tête de retrouver ce frère disparu (sur lequel elle va un peu reprojeter son amour naissant pour Pascal) pour l'informer que son frère s'est suicidé et pour qu'il retourne vers sa mère. Parallèlement à ça, elle se met à détester ce père qui a séparé les deux frères, se demandant si Pascal se serait suicidé s'il avait grandi aux côtés de son frangin.

Evidemment, à la fin, elle retrouve le frère et le père. Je ne sais pas dans quel ordre j'avais prévu que ça se passe, mais peu importe.
Quand elle retrouvait le frère, il avait un métier super sérieux-glauque, genre dans l'économie ou quelque chose comme ça. Le frère en question est le personnage super rationnel de folie, du coup ça calme direct Prune qui se retrouve en face d'un mec qu'elle ne supporte pas. J'avais pensé à le faire vraiment caricatural, genre quand il apprend le décès de son frère, il s'en tape puisqu'après tout, il n'a jamais connu son frère, il n'a aucun lien avec lui.
Evidemment, dans la rencontre avec le père, c'est l'inverse qui se passe. Le père lui raconte que sur cette aire d'autoroute, il avait soudainement pensé à sa vie, à ce qu'il avait accompli, à ce qui l'attendait (une vie bien routinière et déprimante) et avait décidé de partir comme ça, de couper les ponts avec cette vie qui ne lui convenait pas et de se donner les chances d'un nouveau départ. Paf, le père de Pascal est devenu un pas rationnel d'un seul coup et entre dans les grâces de Prune qui nourrit actuellement les mêmes pensées.

Bon, pas d'happy end quand même à la fin. Le frère s'en tape de sa mère et lui envoit ptet un mot avec de l'argent (argent qui remplace donc les sentiments et donne bonne conscience). Le père ne se remet pas avec la mère et demande à Prune de ne pas parler de lui (promesse qu'elle ne tiendra peut-être pas, d'ailleurs).
Pour Prune, je ne savais pas trop si elle allait se lancer complètement dans autre chose ou si elle allait continuer ses études mais avec une conscience accrue de la vie lui permettant d'avoir une autre vision et d'éviter de tomber dans les pièges de la routine.

Voilà. Ca manque un peu d'enrobage et de détails anecdotiques de la vie de chacun, mais grosso-modo c'était l'idée.
Après avoir écrit ça, je me rends compte que les commentaires vont peut-être plutôt ressembler à "une fille qui tombe amoureuse d'un suicidé et qui va chercher son frère ? mais va te faire interner direct" mais j'assume (à peu près).

Publié dans Reportages sur ma life

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Dame G. 11/04/2007 17:53

C'est moi ou y'a énormément de rationnels ? :pEn tout cas je ne peux que te féliciter. Quand bien même ton idée serait merdique (ce qui n'est pas le cas), tu as un fil conducteur pour roman.Je rêve depuis des années d'en écrire un, mais rien ne vient.Greuh.

pikipoki 07/04/2007 00:09

Prune, c'est le prénom d'une fille dans un roman de Christian Bobin qui s'appelle Geai. Vous connaissez? C'est quelque chose de très poétique, perso, je conseille.Sinon, si vous avez vraiment envie d'écrire votre roman, il existe des techniques pour aider à monter le bouzin. Rapidement: déifnissez les personnages: le nombre, leurs noms, leurs caractères: pour chacun environ 5 lignes. Ensuite, posez la trame, les chapitres, avec les grandes idées qu'ils contiendront (ça permet de construire l'histoire dans sa tête). Puis rentrez dans le truc. Pour chaque paragraphe, vous précisez qui intervient, ce qui se passe, etc. De 1 à 2 pages de rédaction pour ça, pour chaque chapitre. Et hop, le grand saut, vous prenez les paragraphes dans l'ordre et les rédigez. Et si dans le courant du truc vous changez d'idée et rémettez tout en cause, ben c'est pas grave, vous n'aurez qu'à recommencer le premier exercice de construction des paragraphes.

Pandora 06/04/2007 09:15

Ecoute, y'a de l'idée, c'est déjà ça. Ca mérite d'être reflexionner tout ça, faut bien approfondir la chose.Ceci dit, va falloir bosser pour y arriver, c'est du boulot un roman!Et ne t'en fais pas, on ne va pas t'interner pour si peu, Ellroy a bien rendu son flic amoureux d'une morte dans le Dahlia Noir alors bon...

Acet' 05/04/2007 23:16

Chouette ! Dis dis dis je propose une fin alternativeEt si Prune finissait avec le père de Pascal !Me frappe pas hein, je disais ça comme ça.Nan, sinon ça me botte bien comme truc.Puis c'est joli Prune comme prénom

Emma 05/04/2007 22:19

coucou Astheny, l'autocollant on me l'a donné, à un stand contre sarko ou j'ai rempli un questionnaire,  je sais pas où tu peux en avoir! peut etre en allant sur le site anti sarko, et si tu en fait la demande!=)