J'ai une gueule de guide michelin ?

Publié le par astheny

Samedi dernier, 2 heures du mat', je rentre chez moi à pieds sous une fine pluie.

C'est assez classe comme situation : les rues sont désertes, les trottoirs brillent, les grandes flaques d'eau, à peine troublées par les gouttes, reflètent les étoiles étincelant dans le ciel noir (bon, le coup des flaques , c'est pas vrai, mais c'est pour poser une ambiance poético-romantique).
Bref, on se croit direct dans un film et tout devient possible. L'esprit se met à vagabonder, à imaginer tout plein de choses qui peuvent arriver.
Peut-être qu'au coin de la rue, une jeune femme va me proposer de partager son parapluie. Peut-être que ce sera un coup de foudre réciproque et le commencement du reste de notre vie. Peut-être sera-t-elle une ancienne connaissance avec qui la discussion s'installera d'elle-même ? Peut-être que des zombies mutants vont surgir des plaques d'égouts et menacer le monde et que des extra-terrestres vont me contacter en me disant que je suis le seul espoir de la Terre en me filant des super-pouvoirs pour pouvoir stopper l'invasion ?

Et là, truc de folie. J'entends une voiture s'arrêter derrière moi, une vitre qui s'ouvre, une voix féminine qui m'interpelle : "S'il vous plait...".
- ... pouvez-vous m'indiquer le {insérer ici un nom de bar ridicule}
- Euh... Non.
- La rue trucmachinchose alors ?
- Jamais entendu parler.
- On est bien à {ville secrète pour que personne ne sache où j'habite} ?
- Ah ben non mais ça je peux vous indiquer. Faut faire demi-tour et...

Je sais pas pourquoi, mais dès que je mets les pieds en dehors de chez moi, tout le monde semble se donner le mot pour me demander son chemin. Bon, pour le cas au-dessus, je veux bien croire que j'étais la seule personne disponible, mais déjà à l'aller, en pleine après-midi, c'était à moi qu'une petite famille avait demandé de lui indiquer le cinéma du coin.
Et c'est toujours comme ça, j'ai l'impression d'être le poteau indicateur du coin, où que je me trouve.

Les samedi soirs, généralement, on me demande la direction de la boîte du secteur (et comme c'est assez chiant à indiquer, je pense que j'ai envoyé une bonne moitié des gens dans la mauvaise direction en oubliant un virage).
A la gare, c'est moi qu'on vient voir pour savoir si le train part dans la bonne direction, le quai sur lequel faut aller, si le train s'arrête bien à tel endroit... Une fois, j'ai du expliquer à des Anglais de changer de quai (en anglais donc), sous le regard hilare des dizaines de gens autour de moi à qui ils auraient pu demander.
Et bien entendu, la plupart du temps, on me demande un endroit que je ne connais pas, de préférence quand je suis moi-même un peu paumé et que je ne connais pas trop le coin dans lequel je suis. Et là, limite je me sens coupable de pas pouvoir indiquer les gens.

Et encore, les innombrables gens qui se sont tous donnés le mot pour venir me demander leur chemin, c'est rien.
Il faut savoir que les inconnus que je croise comme ça, ils me demandent n'importe quoi.

Genre je suis à l'arrêt de bus, tranquillement et là, assez loin, je vois un vieux qui me fait des grands signes de la main. Je vérifie que c'est bien moi qu'il appelle et je me dirige vers lui en flippant que mon bus passe juste à ce moment là. J'arrive devant lui, il me demande (enfin je déchiffre ce qu'il dit, parce que c'est pas très clair) de l'aider à traverser la rue. Non mais sérieux, c'est pas juste dans les films que les vieux ont besoin d'aide pour traverser la rue ?
Je m'exécute donc, le vieux s'accroche à moi, il avance à deux à l'heure, je sens gros comme une maison que mon bus va passer. On arrive de l'autre côté et il me lache pas. "Euh monsieur... C'est bon maintenant vous allez y arriver tout seul ?" *coin de l'oeil qui aperçoit le bus* "Vous pouvez marcher tout seul là... hein... ? non ? si ?" *relachement de la prise du vieux et course derrière le bus*.

Un matin, je suis dans le RER, j'arrive à mon arrêt et là, une nana me demande :
- Excusez-moi, vous vous arrêtez ici ?
- Euh.. Ouais.. ?
- Vous pouvez m'acompagner jusqu'à l'hôpital ? Je ne me sens pas bien et j'ai peur de faire un malaise sur le chemin.
- .... Hmm... Euh.... Ouais, d'accord....
Bon, là, j'ai aucune idée d'où se trouve l'hôpital en question mais elle a l'air de connaître le chemin. Au bout de 10 minutes de marche, j'abandonne tout à fait l'espoir d'être à l'heure en cours, surtout qu'elle veut s'arrêter dans le premier commerce qu'on rencontre pour acheter un truc sucré à manger. Bien entendu, elle n'a pas d'argent.
Elle s'enfile toute une tablette de chocolat en oubliant de m'en proposer et on arrive à l'hôpital. Elle a l'air de merveilleusement connaître les lieux et le personnel a l'air de la connaître et ils la prennent direct en charge.
Encore aujourd'hui, j'ai pas trop pigé qui était cette fille (mais avec le recul, je suppose que le chocolat lui était pas trop permis).

Un soir, je sors de cours et je me dirige vers la gare. Sur le trottoir, je vois une femme arrêtée, avec des bagages à ses pieds et qui me regarde arriver. Mon sixième sens me prévient qu'il va se passer un truc chelou et arirvé à sa hauteur, la femme me demande si je ne veux pas l'aider à porter son sac chez elle parce qu'il est bien trop lourd et qu'elle n'y arrivera pas.
Allez savoir pourquoi elle demande ça à un gars chez qui les côtes sont saillantes même à travers le t-shirt... Bon, je soulève son sac de deux tonnes 5 et je me mets à la suivre. "J'habite pas loin". Ben ouais tu parles... Dix minutes de marche plus tard, j'ai perdu mes deux bras et je lâche son sac dans l'ascenseur. "C'est bon maintenant, je vais pouvoir me débrouiller".

Et des trucs comme ça, ça m'arrive tout le temps (je passe sur les histoires d'une vieille qui a voulu me dessiner quand je mangeais au mac do avec un pote, du mec complètement bourré qui voulait que je le soutienne jusqu'au centre de sécurité sociale du coin, de la paumée de la fac que j'ai du escorter jusqu'à son bâtiment...).
J'ai l'impression que dès que je mets le pied en dehors de chez moi, tout le monde veut me parler, me demander des trucs, même quand c'est n'importe quoi. Pourtant je cultive une apparence repoussante et un air de méchant, mais rien n'y fait.

Aidez-moi : qu'est-ce qu'il faut faire pour marcher tranquillement dans la rue sans que la moitié de la population locale me demande de l'aide ?

Publié dans Reportages sur ma life

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lilalilou 11/03/2007 11:37

Bonjour,Il m'arrive aussi d trucs assez "space" rassure-toi t pas tout seul !

Miladee 02/03/2007 10:54

Un piercing à l'arcade,peut être...?

bidilove 02/03/2007 10:31

Oh pas mal la tactique de drague de la minette qui veut qu'on l'accompagne a l'hopital ... et alors t'as conclu ?
 

astheny 02/03/2007 10:06

Celui qui > Mais j'ai trop pas une tête de mec sympa, arrête !Pandora > Mais j'ai un air de méchant bad guy et tout ! (et moi aussi j'ai fait des trucs lamentables niveau réponse à des demandes de chemin)Sarah > Tu plaisantes ? Si tu commences à parler à un vieux, il ne te lache plus. Genre une fois, j'ai laissé ma place à un pépé dans le bus, il m'a remercié au moins 40 fois avant de descendre.Oblivion > C'est pas con cette histoire d'écouteurs à vide. (mais je n'ai PAS l'air gentil)

Oblivion 28/02/2007 22:12

Tu fais comme moi. Tu te fringues avec un manteau type Neo dans matrix, tu prends un air renfrogné, tu mets des écouteurs, meme reliés à rien hein (ma technique hu hu), et puis tu marches vite. Le regard baissé et la main genre prête à dégainer un colt.Mais bon, t'as du bol d'avoir l'air gentil, prêt à aider et tout et tout :-)(des fois je me demande pas pourquoi chuis toujours célibataire :p)