Le feuilleton de l'été, épisode 1

Publié le par astheny

Bonjour, bonjour.
Vous l'avez remarqué, ce blog n'est pas très actif en ce moment. C'est les vacances, je ne fais pas grand chose et donc je n'ai rien à raconter. L'inactivité touche aussi les lecteurs d'ailleurs : moins de visites, moins de commentaires... Bref, ça s'assoupit.
Du coup, voilà ce que je vous propose :
(enfin, j'impose un peu aussi, et ouais, rien à fout' du web 2.0 moi)
Je vais essayer, pendant cet été, d'écrire une petite histoire que je posterai épisodes par épisodes, à ryhtme régulier (genre le vendredi soir), comme un feuilleton de l'été sur TF1, mais sur ce blog. Bon, je ne vous promets pas de respecter toujours très bien les délais et ne vous attendez pas à de la super qualité (c'est niveau feuilleton TF1 on a dit). J'ai rien écrit en avance encore, donc c'est pas mal défi pour moi mais je vais voir ce que ça donne.
(ça n'exclue pas le fait que je poste des notes plus standard à côté hein, enfin on verra)
Donc là, paf, en exclusivité mondiale, le premier "chapitre".

***

- Et moi je vous signale que la majorité des mariages sont voués à l’échec !

Nathan s’était levé pour appuyer son argument. Il n’était pas homme impulsif et ce n’était pas l’emportement qui avait dicté son geste. Comme à l’accoutumée, il avait parfaitement calculé son effet : sa taille imposante allait avoir un effet dissuasif sur ses interlocuteurs et les regards se tournant vers cette petite scène allait faire naître chez eux une gêne qui les pousserait à ne pas argumenter son propos. Il fût donc satisfait de voir David desserrer son nœud papillon, acquiescer et lui faire signe de s’asseoir, ce à quoi il consentit non sans arborer un sourire de défi.

- Je suis le marié, Nathan : c’est moi qui devrais attirer l’attention de mes invités. Et nous connaissons tous ta position sur le sujet. J’ajoute que c’est peu délicat de ta part d’alimenter une telle conversation le jour de mon mariage et alors même que Patrice s’embourbe dans ses procédures de divorce.

L’homme que l’on venait d’inviter à prendre la parole en citant son nom abandonna ses tentatives de faire tenir en équilibre sur son doigt l’une des nombreuses fourchettes qui s’étalait devant lui.

- Oh, par pitié, ne parlez pas de ça... Je ne suis pas encore assez ivre pour pouvoir en rire. Si j’avais su ce qui m’attendait, j’aurais suivi des cours de Droit. L’avocat de ma femme... De mon ex-femme... Il est tellement bon que je vais même finir par devoir lui céder la garde de ma collection de vinyles...

- Pas le David Bowie quand même ? Si tu savais le temps que j’ai passé pour trouver cette...

- C’était une plaisanterie, Bruno. Du moins, j’espère...

Nathan fit mine de se saisir de son verre puis se ravisa. Du coin de l’œil, il observa le serveur qui avait fait un pas en avant dans le but de remplir la flûte et qui reculait maintenant. Nathan détestait qu’on le regarde manger et, pire encore, boire. Depuis le début du dîner, il avait engagé le serveur dans une joute implicite, tentant de le prendre en défaut afin de pouvoir lui signifier sa défaite d’un regard accusateur. Mais celui-ci était trop bon à ce jeu-là, tournant comme un vautour autour de la table, ne manquant aucune carcasse de verre vide sur laquelle s’abattre immédiatement.

Déçu mais non encore battu, Nathan reporta son attention sur ses trois amis. Ils s’étaient réunis autour d’une table vide en cette cérémonie finissante. Il avait du mal à s’expliquer la cohésion encore solide de ce groupe et ce qui différenciait ces personnes de la cohorte de gens qui avaient croisé son chemin et quitté sa vie, ne laissant que le souvenir d’un prénom ou d’un visage, et parfois moins.

Le dernier à avoir rejoint la bande était Patrice Guérin. Ce professeur d’Histoire à la Sorbonne faisait partie de ce groupe très particulier d’individus à qui il arrivait toujours des ennuis. Accidents de voiture sur un parking, inondations dues à un lave-linge déréglé, vols de portefeuille dans le métro, litiges avec son assurance maladie, mauvaises relations avec son voisinage, poursuites en justice par une étudiante et, actuellement, instance de divorce et ses nombreuses complications, Patrice était une de ces preuves vivantes que la foudre pouvait bel et bien frapper deux fois au même endroit, et plus si affinité.

Fidèle au poste depuis le lycée, Bruno Vatan avait longtemps dû se prémunir de diverses railleries patronymiques en redoublant d’efforts pour s’attirer la sympathie des gens. Toujours prêt à rendre service, il était de tous les déménagements, il se proposait toujours pour faire la vaisselle, il s’arrêtait pour aider à installer des roues de secours, il faisait du bénévolat le soir de Noël et passait le reste de l’année à exercer sa profession d’assistant social. Que le paradis n’existe pas était une injustice flagrante à la vie qu’avait toujours menée Bruno.

Et enfin, il y avait David Sancier. Nathan le connaissait depuis le collège et avait toujours été impressionné par la rectitude avec laquelle semblait se dérouler sa vie. Déjà à l’époque, David voulait devenir médecin et il était désormais neurologue. Nathan avait changé d’idée aussi souvent que la question lui avait été posée et se basait souvent sur la dernière chose qu’il avait vue ou lue. Casablanca lui avait inspiré l’envie de devenir barman, il avait voulu entrer dans les ordres après avoir lu le Nom de la Rose, et se demandait toujours, après chaque rediffusion de Star Wars, s’il aurait fait un bon jedi. Depuis toujours, ils s’étaient opposés sur le thème du couple. C’était leur sujet de prédilection, ils emmagasinaient tous les chiffres, tous les faits, tous les exemples qui pouvaient soutenir leur position.

- Je connais ce regard, David. Tu veux lancer le débat sur la question de l’amour. Je te rappelle que je refuse catégoriquement cet argument.

- Et c’est pourtant bien de cela qu’il s’agit non ? Un homme et une femme se rencontrent et plus rien n’a d’importance à leurs yeux que...

- Oh je t’en prie...

Le bruit sonore d’une fourchette tombant dans une assiette attira les regards vers Bruno qui se sentit obliger de prendre la parole.

- À ce propos, pourquoi Iouliana n’est-elle pas avec toi ? Je l’ai trouvée un peu distante toute la journée. Elle n’a pas ramené une maladie de Russie ou quelque chose ?

- Bruno, la Russie n’est pas un pays du Tiers-Monde. Ils ont des équipements médicaux tout à fait modernes là-bas.

- Merci Patrice. J’ajoute que je n’ai pas rencontré ma femme dans une yourte balayée par un blizzard sibérien, mais dans un hôtel chic du centre de Moscou... La préparation d’un mariage est épuisant, laissez-lui le temps de s’en remettre.

Les regards des quatre amis convergèrent vers la mariée. Nathan réalisa qu’il connaissait bien peu la toute nouvelle Mme Sancier, mais Vatan avait raison : elle n’avait pas l’air tout à fait à son aise.

Tout cela s’était passé bien vite, David était parti pour quelques jours dans la capitale russe, ce qui ne lui ressemblait pas à la réflexion : il détestait les voyages. Il y avait rencontré cette jeune femme avec laquelle il avait abondamment correspondu après son retour en France. Puis, il était retourné là-bas et l’avait ramené avec lui, pour finalement annoncer leur mariage. Nathan ne pouvait qu’y constater une certaine précipitation.

- Ce mariage ne durera pas trois ans...

- Nathan !

- Laisse Bruno. Dis moi Nathan, tu te souviens lors du mariage de Patrice ? Nous avions plaisanté en parlant de parier sur l’avenir de son couple.

- C’est charmant, merci beaucoup... Non, non, ne vous excusez pas : l’alcool commence à faire effet, tout va bien.

- Je m’en souviens, évidemment, et j’en profite pour souligner que j’aurais gagné... Tu es en train de proposer un pari sur la solidité de ton propre mariage ?

- Pourquoi pas ? Cela pourrait mettre un terme à notre conflit, non ? Nous nous en remettrons à mon mariage comme argument ultime, cela te va ?

- Ça me va tout à fait. J’ajoute que je suis peiné à l’avance de la double affliction qui te touchera quand ton mariage tombera à l’eau.

- S’il y a un pari de ce genre, je veux en être et je me range du côté de Nathan. Quoi ? Ne me regardez pas comme ça. Je vous rappelle que j’ai épousé une harpie sanguinaire. Si quelqu’un a ici des raisons d’être sceptique à propos du mariage, c’est bien moi.

- Alors moi je parie pour le mariage et je me range avec David.

- Merci Bruno. Et bien, la chose est entendue ?

Iouliana pointa son regard vers le groupe qui recommençait à rire ensemble, sans doute à l’évocation de vieux souvenirs. Son visage était un masque d’indifférence.

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Dame G. 18/07/2007 10:43

Bii ! Ca va partir dans quel genre après ? Santa Barbara ou mystère mystérieux policier de gare avec la belle russe indifférente ?La suite !HAN SINON :Que le paradis n’existe pas était une injustice flagrante à la vie qu’avait toujours menée Bruno.Je dirais plutot COMBATTUE non ? Sinon spa logique =D.Ouais je sais, j'aime bien faire chier.

celebelda 14/07/2007 13:49

(Comment passer après le com d'avant, et essayer d'être un peu drôle ?)Bon, je voulais écrire un truc long et spirituel, mais je vais finalement me contenter d'une question : dans lequel de ces personnages tu as mis le plus de toi ? ^^

H鬨ne 14/07/2007 03:38

Je suis la mère de Yohan Lavigne et je lance  un appel à ceux qui voudraient signer la pétition pour éclaircir la mort d’un jeune homme de vingt ans. Car l’on prétend un suicide par pendaison, alors que son corps ne porte que des traces de coups.  Puis sur la soit disant lettre d’Adieu, il y a une autre écriture que celle de Yohan, certifié par analyse graphologique. Et l’on a voulu faire incinérer mon fils en usurpant mon identité. Je ne veux que la vérité et si  vous voulez m’aider à l’obtenir grâce à une vraie enquête, ne serait ce que pour ne pas prendre le risque de laisser des assassins en liberté, alors signez la pétition qui se trouve en bas de page ou ce lien vous amène. Il peut arriver que la confirmation de votre signature arrive dans votre boite de réception, mais dans votre courrier indésirable ou un nom similaire et vous pouvez confirmer sans souci. merci.              helenebourt@hotmail.fr